Dora ou les névroses sexuelles de nos parents
Dora ou les névroses sexuelles de nos parents
Film de Stina Werenfels

Dora ou les névroses sexuelles de nos parents interroge sur la sexualité des handicapés mentaux

Le film de Stina Werenfels se concentre sur Dora, jeune handicapée mentale couvée par des parents qui ne l’ont pas vue grandir. Quand elle fête ses 18 ans, elle revendique son autonomie, son droit à l’amour et ses aspirations à une sexualité ordinaire. Mais l’absence de discernement l’expose aux dangers d’individus sans scrupules et pose la question de sa vulnérabilité dans un monde d’adultes cyniques.

L’amour devient un casus belli différenciant qu’elle ne supporte plus.

Dora ou les Névroses sexuelles de nos parents évoque radicalement le sujet de la sexualité des handicapés mentaux. Hasta La Vista de Geoffrey Enthoven se concentrait en 2012 et avec humour sur la question des handicapés physiques et brisait la barrière avec honnêteté. Le droit à une sexualité normale est une aspiration légitime car réfléchie et désirée. La jeune Dora a un âge mental bloqué à l’enfance mais vit dans un monde d’adultes. Elle s’enthousiasme des ballons et cotillons de sa fête d’anniversaire, ses amis ont un handicap similaire et ses parents la protègent contre elle-même. Tandis que Dora surprend son père et sa mère en pleins ébats amoureux, une impulsion la guide vers autrui pour réclamer un amour qu’elle perçoit comme manquant à son existence.

Car Dora perçoit le regard d’autrui et les réflexions qui la mettent dans une case qu’elle refuse. Handicapée mentale certes mais pas hermétique aux sentiments d’autrui. Sa différence l’obsède de plus en plus et l’amour devient un casus belli différenciant qu’elle ne supporte plus. Dora ne perçoit cependant pas que l’amour ne se réclame pas, il se construit et se vit, processus compliqué dont Dora ne saisit pas toutes les nuances. Sentiments amoureux et ébats se brouillent dans un esprit qui simplifie à l’excès et ne fait pas de différenciation. La rencontre avec un homme ambigu la confronte au plaisir tant réclamé. Et le sujet devient brulant. Abuse-t-il vraiment d’elle alors qu’elle le perçoit comme son “amoureux” et que le plaisir survient ? Pas de violences, pas de contrainte, les relations sont librement consenties. La question se déplace sur le rôle des parents de Dora, incapables de faire face à la situation et de lui fournir des explications propres à l’éveiller.

Le film flirte avec la ligne rouge et la crainte d’assister à l’indescriptible obnubile le spectateur. Le viol, la violence ou l’insupportable sont des risques ignorés par l’innocente Dora mais pourtant bien réels. Les parents revendiquent la liberté pour eux mais peinent à l’appliquer à leur fille. Confrontée à un amour à sens unique et coupé de toute profondeur sentimentale, l’impasse est inévitable. Le film privilégie un réalisme cru, non sans pudeur mais sans tabous. L’actrice Victoria Schulz interprète avec force l’héroïne, mélangeant interprétation et réalité.

Un film qui interroge et aborde un sujet souvent tabou pour le rendre très tangible. Les questions du droit à l’amour dans un contexte de vulnérabilité ne trouvera pas de réponse du jour au lendemain. Après une présence remarquée à la Berlinale 2015 ainsi qu’à d’autres festivals, le film sera présenté prochainement au Festival de Femmes de Créteil, pour un choc bien prévisible. Ne reste plus qu’à attendre une date de diffusion dans les salles françaises.

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Dora ou les névroses sexuelles de nos parents

Alors que sa mère décide de ne plus lui administrer de médicaments, Dora, jeune handicapée mentale de dix-huit ans, commence à s’épanouir. Mais quand Dora découvre sa sexualité, sa lutte pour son indépendance devient de plus en plus risquée. Au grand dam de sa mère, Dora a une relation sexuelle spontanée avec un homme ambigu, évidemment épris de cette sensualité décomplexée. Comme cette rencontre se mue en liaison secrète, les parents de Dora se battent pour protéger leur enfant vulnérable… Rude, cru, organique, Dora s’inscrit dans une réalité sans ltre. Aux antipodes du reportage sociologique, le lm s’appuie sur le jeu exceptionnel des comédiens.

 

Sortie : Pas de date de sortie
Durée : 1h28
Réalisateur : Stina Werenfels
Avec : Victoria Schultz et Lars Eldinger
Genre : Drame

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