Le premier film de fiction de Nadège Trebal suit deux documentaires et s’inscrit dans la veine des films sociaux qui voient des protagonistes défier un système économique et sociale profondément injuste. Film apparemment artisanal, il sévit du côté de personnages écorchés vif et naturalistes, parfois aussi un peu barjots. Le film se regarde avec intérêt et convainc malgré quelques petits défauts de jeunesse.

Un western social moderne

Maroussia et Franck s’épanouissent ensemble malgré les difficultés. Le jour où ils décident de gagner autant d’argent l’un que l’autre, elle en tant que nounou, lui comme il peut, il décide de partir parce que la région ne propose aucun boulot viable. 700 km de distance vont les séparer, il promet de revenir une fois la somme réunie. L’amour est mis au premier plan, plus fort que tout et invincible. Le couple vit dans une harmonie faite de désirs et de pulsions, les actes et leurs paroles sont érigés sous le signe de rapports charnels intenses et débridés, montrés crument et passionnément. Les deux personnages principaux sont issus du petit peuple, prolétaires jusqu’au bout des ongles, où l’argent manque et se recherche par tous les moyens. L’argent et le sexe s’expriment par des mots, sans faux semblants. Le film est constamment charnel et le personnage principal ressemble à une bête perdue dans un monde moderne où il peine à se trouver une place. La réalisatrice est aussi la petite amie, elle fait palpiter le coeur du héros, elle lui donne des frissons et l’envie d’avancer. De se battre.

Douze Mille ressemble à une expérience de cinéma, et si le film souffre de quelques longueurs, il parvient à capter l’attention et à toucher avec cette histoire de couple à la marge des conventions.

Synopsis: Frank se fait chasser d’une casse automobile où il travaille clandestinement. Dans sa région, c’est la zone, pas de travail. Bien que très attaché à sa vie avec Maroussia, Frank doit partir trouver du travail ailleurs, loin de chez lui. Douze mille euros : c’est la somme dont ils conviennent tous les deux, la somme qu’il devra gagner avant de revenir. Mais Frank va-t-il revenir fidèle ? Au moins fidèle à lui-même ? Va-t-il seulement revenir…

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