Downton Abbey, saisons 1 à 3, la série british culte de Julian Fellowes

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Downton Abbey est une série 100% british qui porte à l’écran la vie d’un domaine, celui du Lord Grantham. Ce conte doit faire face aux défis du début du vingtième siècle, à l’époque du règne d’Édouard VII. Sur fond de révolutions culturelles poussant la noblesse sur le déclin, notamment économique, le spectateur s’invite par le petit trou de la serrure dans la vie des personnes qui font Downton Abbey : la famille Crawley mais également leurs domestiques vivant à l’étage inférieur. Une maison qui fourmille d’autant de personnes qu’il y a d’intrigues.

La série a rencontré un immense succès de l’autre côté de la Manche, si bien qu’elle a été suivie par plus de 9 millions de téléspectateurs durant sa première saison (nous ne disposons pas des chiffres pour les saisons suivantes), ce qui représente plus de 33% de parts de marché ! Chaque rebondissement (et ils sont nombreux) a ainsi créé l’évènement médiatique en Angleterre. On ne peut que regretter que Downton Abbey ne soit pas plus médiatisée chez nous.

Synopsis :

Les héritiers de Downton Abbey ayant péri lors du naufrage du Titanic, la famille Crawley se retrouve dans une position délicate, les trois descendantes ne pouvant prétendre au titre de Lord Grantham. Or, le titre, le domaine et la fortune de la famille sont indissociables. Matthew Crawley, nouveau successeur et lointain cousin, arrive à Downton Abbey. Il y découvre un style de vie nouveau, avec des règles très strictes qui régissent la vie entre aristocrates et serviteurs.

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La série a été créée par Julian Fellowes, relativement méconnu en France (si ce n’est qu’il a scénarisé le film The Tourist), anobli par la Reine en 2011 et ainsi fait Baron de West Stafford, dans le Dorset. Un homme passionné par l’époque édouardienne, qui correspond à la Belle époque en France (1901-1918). Et il nous le rend bien en signant cette série unique en son genre, en qualité de réalisateur et scénariste.[pull_quote_left]L’ennui est étranger dans cette série d’apparence bien tranquille.[/pull_quote_left]

Chaque saison comporte huit épisodes, avec un neuvième Special Christmas traditionnellement diffusé le 25 décembre en Angleterre. Le scénario jouit d’un mécanisme digne des plus fins horlogers. Le timing est toujours parfait et les intrigues, nombreuses, s’entrechoquent dans notre petite tête de spectateur aux yeux ébahis. L’illusion est totale. On se surprend à croire faire partie de cette grande famille, s’imaginant avoir sa chambre quelque part au sous-sol, chez les domestiques – à la hiérarchie bien établie, ou serait-ce aux étages supérieurs, parmi les mieux-nés ? On ne sait pas bien mais l’on s’y sent comme chez soi. L’organisation d’une telle Maison est remarquablement mise en scène à chaque instant. Tous ont un rôle à tenir et si un rouage venait à se gripper, c’est la machine tout entière qui viendrait à tousser.

Avec des intrigues souvent dramatiques ou romantiques, parfois policière, les thématiques sont nombreuses et collent toujours aux problématiques que l’on imagine tout à fait d’époque. Lutte pour ou contre la modernité selon les points de vues, ou quête de liberté et respect des traditions valsent tour à tour dans un bal tournoyant délicieux. Le tout est saupoudré d’un humour acerbe dont on se délecte invariablement d’un épisode à l’autre. L’ennui est étranger dans cette série d’apparence bien tranquille.

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Quant aux acteurs, il faut reconnaître que chacun a son talent. On assiste à un miracle où les corps et les esprits se gainent à l’épreuve de l’interprétation des dogmes aristocratiques, marquant les différences liées aux générations, plus simplement aux personnalités, ou encore aux rangs sociaux. On adressera évidemment une mention spéciale à la très populaire Maggie Smith, qui interprète la grand-mère paternelle et qui survole  le casting (si cela est possible) notamment par ses mimiques inimitables.

Downton Abbey est déjà réputée dans le monde des aficionados des séries télé, mais elle gagnerait à dépasser ces frontières qui peuvent lui paraître exiguës par la dimension de tout le talent qui s’y déploie. On attend de pied ferme la quatrième saison.

Gaël Bissuel
Gaël a créé Publik'Art en 2009. Notaire de formation, il est responsable de la rubrique BD et gère l'administration du site (webmaster). Il vit dans le sud de la France d'où il anime le webzine avec les membres de la rédaction, présente sur la majeure partie de l'hexagone : Paris, Bayonne, Montpellier, Lille, Lyon.

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