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Elle s’appelait Tomoji, de Jirô Taniguchi

L’immense Jirô Taniguchi (Quartier lointain, Le Sommet des Dieux, Les gardiens du Louvre…) – monument sans équivalent sur la planète manga – signe cette fois l’histoire du parcours d’une femme des années 20, dans un Japon rural et traditionnel. Elle s’appelait Tomoji est inspiré de la vie de Tomoji Uchida, co-fondatrice du temple bouddhiste de Shôjushin, dans la région de Tokyo. Un temple qui a sollicité l’auteur pour raconter son histoire (son épouse fréquente d’ailleurs l’établissement depuis une trentaine d’année).

Date de sortie : 21 janvier 2015
Auteur : Jirô Taniguchi (scénario et dessin)
Editions : Rue de Sèvres
Prix : 17,00 € (172 pages) 

Résumé de l’éditeur :

Taniguchi met ici en scène la rencontre entre deux adolescents dans le Japon de l’entre-deux guerres (1925-1932). Tomoji vit dans la campagne japonaise au nord du mont Fuji tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo. L’auteur nous fait découvrir avec sa sensibilité habituelle ce qui va unir ces personnages. Une histoire inspirée de personnages réels qui fonderont par la suite une branche dérivée du bouddisme.

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Le point sur l’album :

Tomoji a connu une enfance difficile, mais heureuse. Sa famille a en effet dû affronter de nombreuses épreuves, qui ont eu des répercussions directes sur la jeune enfant d’alors. En parallèle, Fumiaki, qui deviendra plus tard son mari, est un jeune photographe de bonne éducation, ancien voisin de Tomoji parti vivre sa vie à Tokyo. Taniguchi nous raconte comment les deux êtres vont finir par se croiser sans le savoir… avant de se marier. Tomoji est évidemment le personnage principal de l’histoire. L’auteur concentre l’essentiel de son scénario sur son enfance et son adolescence, qui l’ont construite.  De sa plume sensible et délicate, Taniguchi propose un récit qui alterne grands bonheurs et tristesse abyssale. Tout cela en instillant une certaine tension. L’auteur nous fait très vite comprendre que le bonheur n’est jamais éternel, et qu’à chaque page tournée de son manga, le destin de Tomoji peut basculer. C’est ce qui arrive d’ailleurs. C’est sans doute une façon d’expliquer comment la jeune femme s’est ensuite tournée vers la spiritualité.

Le dessin est pour sa part égal à lui-même. Son trait abouti – d’une finesse qui a fait sa réputation – nous offre de beaux graphismes épurés et soignés. Le lecteur assidu de Taniguchi retrouve avec joie les courbes douces et bienveillantes de ses personnages. Les paysages ruraux sont superbes (encore de belles montagnes en arrière-plan).

Elle s’appelait Tomoji est un récit de vie authentique et original, au sein duquel le pudique Taniguchi fait la démonstration d’une sensibilité affichée, lorsque celle-ci apparaît d’habitude de manière plus voilée dans ses oeuvres.

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