Empathie, un documentaire qui interroge notre manière de considérer le règne animal, dans les salles le 10 novembre 2021

Le documentaire débute par un constat simple. Difficile de penser le véganisme quand on a toujours été carnivore sans même se poser de question. Ed Antoja pousse la sincérité jusqu’à se mettre en scène et quand il va de surprise en surprise, c’est en toute bonne foi car il ne sait d’abord rien de la souffrance animale et de la manière dont sont élevés les animaux destinés à être consommés ou utilisés pour l’habillement, les médicaments et toute l’industrie. Le documentaire n’en est donc pas tout à fait un, c’est plus une prise de conscience des enjeux que représente la filière agro-alimentaire pour ne pas manger idiot.

Une vraie expérience de vie

Ed Antoja le montre dès le départ. Son frigo est rempli de jambon, de poulet et de toutes sortes d’aliments usuels, rien de surprenant quand on apprend que sa famille a toujours mangé de la viande, du lait, du fromage et tout ce dont l’alimentation de beaucoup se compose. Chaque déjeuner en famille se fait à base de viande cuisinée, c’est un moment convivial de partage hautement sacré. Mais Ed essaye de mieux comprendre ce que l’acte de consommer de la viande revêt, d’abord sans parti pris mais l’idée fait son chemin. Il le dit lui-même au fur et à mesure de son expérience, la relation entre l’homme et les animaux. est complexe et l’acte de consommation ne va pas tant de soi. L’aspect culturel est primordial sans jamais penser aux conséquences pour les bêtes qui sont abattues, parfois dans des conditions difficilement supportables. Etant lui-même un ignare à la base, il l’assume aisément, son cheminement revêt la plus parfaite sincérité. Quand il estime qu’il faut repenser ses habitudes, c’est souvent avec humour mais aussi avec des arguments qui font sens. Ainsi, quand il revient chez sa maman et lui apprend qu’il ne mange plus de viande, il faut voir sa réaction outrée, comme si il lui avait sorti une énormité. Le chemin est long pour changer les esprits et les comportements. En cela, le film est judicieux, pas de culpabilisation ni de jugement hâtif, juste des conseils simples pour faire évoluer ses habitudes, comme manger moins de viande, pas tous les jours, pour rééquilibrer ses besoins et cheminer doucement vers une alimentation plus saine. Des voix off accompagnent le documentaire, celles de Lucien Jean-Baptiste et Hélène de Fougerolles. Sans être militant vegan, le premier explique que la démarche l’interpelle et mérite qu’on s’y intéresse. La seconde est végétarienne et sa participation ressemble à un vrai engagement dans l’espoir que sa participation aide à la notoriété du film.

Pour une fois qu’un documentaire végan respire la sincérité et l’engagement conscient, sans accusations outrancières ni conclusions définitives, il faut profiter de l’occasion pour découvrir cet Empathie rempli d’informations intéressantes et de discours judicieux. De quoi non pas devenir vegan mais commencer à manger différemment, ça vaut le coup visiblement!

Synopsis: Ed doit réaliser un documentaire sur le bien-être animal pour tenter de faire bouger l’opinion publique. Complètement étranger à cette question, il va d’abord s’immerger dans le monde de la cause animale et du véganisme. Cette aventure singulière va remettre en question ses habitudes de consommation et son mode de vie… Mais jusqu’à quel point ?

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