Frères d’arme, un beau film sur deux frères dans la tourmente, le 14 juillet au cinéma

Sylvain Labrosse n’en est pas à son coup d’essai, lui qui a déjà réalisé le court métrage Virage Nord en 1994. Il revient avec Frères d’Arme, long-métrage avec deux frères originaires des Balkans et exilés en France à Brest. Une violence sourde empreint leurs psychés, surtout quand la perspective d’un retour au pays tant attendu révèle les atermoiements de l’ainé plongé dans une love story comme un appel du large. Le film est court mais intense avec deux acteurs, Vincent Rottiers et Kévin Azaïs, empreints d’implication émotionnelle.

Une rupture inévitable ou un retour aux sources?

Les rapports très proches entre les fameux frères d’arme se devinent très vite, la vérité sur leur passé trouble est révélé petit à petit avec une tension qui monte en parallèle. Fraternité et violence semblent intimement liés à leur destin commun, Emilijan et Stanko Matesic ont grandi tout jeunes dans des Balkans où la violence fait partie du quotidien. Dans une région où détenir une arme est d’une normalité absolue, le drame foudroie leur existence, surtout que la pratique de la vendetta y est malheureusement répandue, par principe. Les familles voisines se vouent des inimités profondes et la moindre anicroche peut mettre le feu aux poudres. Ils vivent des évènements tragiques et scellent un pacte que chacun croit éternel, et puis le départ à Brest change leurs rapports et 15 ans se passent. Pendant qu’Emilijan s’est intégré professionnellement et amoureusement, Stanko vit en marge, éleveur de coqs de combat et habitué aux petits boulots sur le port, rien de concret car il n’envisage rien d’autre qu’un retour au pays. C’est l’arrivée de l’oncle Larkos qui va tout changer et agrandir irrémédiablement le fossé entre les frères. Le réalisateur sait parfaitement entretenir la tension, les vérités cachées et la complexité des rapports humains s’approfondit au dur et à mesure que le film avance. Entre flashbacks et ellipses, le film ne perd jamais le spectateur en route et utilise des subterfuges pour ancrer le film dans le réel, entre activités portuaires et destinées de vie inverses, l’un monte tandis que l’autre plonge de plus en plus. Pour la petite histoire, les 2 acteurs principaux sont demi-frères dans la vie, ils ont travaillé d’arrache-pied pour manier le langage des Balkans de manière crédible. La jeune actrice Pauline Parigot fait une petite amie d’Emilijan qui s’inscrit parfaitement dans la tragédie en cours.

Le premier long-métrage du réalisateur mérite une séance pour voir ce film tendu et intense, à la portée universelle et aux enjeux qui parleront à beaucoup. Partir, rester, se battre, les questions abondent et il est souvent difficile d’y répondre sans briser le cœur d’un proche. Le film est à découvrir le 14 juillet au cinéma.

Synopsis: Emilijan et son jeune frère Stanko sont liés par un secret d’enfance qui les a contraints à quitter leur pays natal. Aujourd’hui, Emilijan s’est parfaitement intégré en France. Il travaille dans la zone portuaire de Brest et vit une histoire d’amour avec Gabrielle. Stanko, lui, vit dans la nostalgie du passé et attend impatiemment de rentrer au pays pour y retrouver leur vie d’avant. Tout bascule le jour où Emilijan lui annonce qu’il ne veut plus repartir…

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