Ilan Klippern n’impose aucune contrainte à ceux qui se dévoilent devant sa caméra. Certains rappent, d’autres présentent leur vie ou font une chorégraphie. Aube, Yoan, Marcus et les autres ne se connaissent pas mais ils font entendre leurs petites chansons à la caméra et au spectateur fasciné par ces véritables confessions de la part de ceux que la société a étiquetés comme étant à part. La folie n’est pas une étiquette, ell n’est que le contraire de la normalité, une autre normalité.

Entre intimité et dévoilement

Le film présente des petites capsules où chacun des personnages ouvre une lucarne sur ce qu’il veut bien nous montrer. Ils ne semblent pas si différents de nous et proposent de les accompagner. Ce qui ressort le plus, c’est l’intensité de leurs témoignages, recueillis comme on peut l’imaginer avec tact et délicatesse par le réalisateur Ilan Klippern pour ne pas brusquer ni les faire se renfermer. Les images proposées font ressentir la fragilité des confessions comme des pensées échappées de dimensions parallèles. Le cinéaste fait une démarche que chacun d’eux accepte pour des représentation forcément parcellaires, à la hauteur de ce que les personnages acceptent de montrer. Funambules dit tout dès son titre, l’équilibre se tient sur un fil ténu, et les personnages rejetés par la société à cause de leurs différences acceptent de faire un pas pour souligner que leur survie est fragile si on tient compte de nos repères à nous. Notre normalité n’est pas la leur et leur démarche requiert que chacun de nous acceptions de faire un pas vers eux, sans jugement préalable, pour nous-mêmes rester en équilibre. Leur monde et le notre sont diamétralement opposés, incompatibles et certains moment du documentaire montrent bien qu’il n’est pas facile de s’accepter dans un tel conteste. Ce sont les questions et les pensées qui tissent un lien pour bien souligner que la réalité n’est pas unique mais bien multiple, à la hauteur de chacun. Un personnage évoque la notion de grande volonté intérieure, c’est peut-être cela le point commun entre ces personnages et nous, la possibilité de se comprendre et d’échanger, malgré tout.

Ce documentaire demande de la patience et de la persévérance pour rentrer dans un concept cinématographique ouvert à chaque être humain, pour accepter les différences et chercher ce qui nous relie. En cela, Funambules est ardu mais également attachant.

Synopsis: Quelle est l’épaisseur du mur qui nous sépare de la folie ? Personne ne sait de quoi il est fait. Personne ne sait jusqu’à quel point il résiste. Aube, Yoan, Marcus, eux, ont franchi le seuil. Ils vivent de l’autre côté du miroir.

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