75 ans après le largage de la première bombe atomique sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, le film Hiroshima de Hideo Sekigawa garde toujours sa grande force évocatrice. Avec son réalisme poussé à l’extrême et son mélange d’histoires liés aux survivants et d’images post-destruction, le film ressemble à un documentaire saisissant. Véritable plaidoyer anti-guerre, le film pose la question de la responsabilité de son pays dans cette issue funeste qui aboutira à la reddition de son pays, au prix de 200 000 morts. Le film est à découvrir en exclusivité sur le Vidéo Club Carlotta Films du vendredi 16 au mardi 20 octobre inclus pour un grand moment de cinéma vérité.

Une blessure toujours vivace

Le film d’Hideo Sekigawa a été réalisé seulement 8 ans après les évènements et un an après la fin de l’occupation américaine de l’île, période pendant laquelle les propos critiques à l’encontre des occupants étaient formellement interdits. Produit par le syndicat des professeurs japonais, le film revêt une forte dimension pédagogique avec notamment des écoliers pris dans les tourments de la bombe avec des survivants parmi eux. Une autre classe apprend plus tard les conséquences des évènements avec parmi eux certains des élèves touchés par des maladies comme la leucémie. Certains élèves s’enragent à l’évocation de leur rôle de cobayes pour les scientifiques américains afin de constater in vivo les effets de leur trouvaille destructrice, soulignant un aspect anti-américain évident touchant à l’hypocrisie et à l’ambivalence. L’histoire post-attaque montre aussi les effets médicaux des attaques et leurs conséquences sociales avec des jeunes filles incapables de se marier, des enfants devenus orphelins. Le Japon produisant des bombes pour les armées américains pendant la guerre de Corée n’est pas le moindre des paradoxes, bien souligné à la fin du film avec un survivant ne pouvant plus travailler dans une usine d’armement par rejet de cette pratique perverse. Mais les scènes les plus marquantes sont celles liées aux survivants immédiats laissés à l’abandon sur les routes par peur d’une contamination. Une scène montrant un soldat exhortant la population à ne pas cesser le résistance face à l’ennemi fait froid dans le dos. Le réalisme est clinique, les images terrifiantes et l’impression sur le spectateur sans concessions. Il est fort probable que de vrais survivants aient participé au film, leur faisant ressentir une seconde fois les évènements dramatiques. Effrayant.

Ce film était initialement destiné à éduquer la population sur l’horreur subie par des civils considérés comme des victimes nécessaires pour faire cesser un conflit qui pouvait encore durer bien longtemps avec son lot de victimes supplémentaires. Mais le film prévient également sur la possibilité de nouvelles bombes et de nouveaux conflits. En cela, le film reste d’une terrifiante actualité.

Synopsis: En 1945, La ville d’Hiroshima est détruite par une bombe atomique lancée par les Etats-Unis.

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