Cergy-Pontoise est une ville nouvelle sortie de terre au début des années 70, comme certaines autres en banlieue parisienne. Tout le documentaire J’ai aimé vivre là s’y déroule avec ses habitants, ses paysages et sa géographie si reconnaissable. Le dernier opus de Régis Sauder suit l’évocation de son Est natale décrit dans Retour à Forbach sorti en 2017 pour un questionnement sur l’identité et l’attachement à sa terre natale.

Un docuentaire rempli d’ondes positives

Les personnages du documentaire sont multiples et symbolisent la diversité des habitants de Cergy-Pontoise. Le point commun entre eux tient dans cet attachement à cette ville si souvent qualifiée par des adjectifs dévalorisants. L’apparition récente de la ville, sans histoire antérieure ni monuments historiques a contribué à ce sentiment des habitants à son égard. Les plus âgés comme les plus jeunes aiment cette commune si particulière, avec cette architecture pensée avant tout pour le bien-être des habitants. Les piétons sont rois et les véhicules sont laissés sous la dalle, comme à la Défense, pour un paysage certes urbain mais appartenant aux habitants. Le documentaire interroge sur le bien commun protégé par toutes ces communautés qui vivent ensemble. Le mode autobiographique tient à la lecture continue de l’ouvrage d’Annie Ernaux, écrivaine qui habite Cergy-Pontoise et le revendique. Elle le claironne avec fierté, j’ai aimé vivre là. Elle évoque la foule des passants comme le faisait avant elle Baudelaire en soulignant que ce sont les autres qui lui livrent son image avec tous ces visages, les allures, les bribes de conversation des habitants de cette ville porteurs de ses confessions. Les habitants lisent des pages du livre pour bien montrer que cet attachement de l’écrivaine pour cette ville, ils le partagent. Même si beaucoup ne savent pas que la ville a été construite sur un ancien village, ils peuvent considérer tous les jours les intentions des concepteurs: urbanisme délibérément utopique avec par exemple cette préfecture en forme de pyramide inversée, ils y vivent bien. La population aux origines mélangées ne pose visiblement pas de problème grâce à la singularité des liens unissant la ville et ses habitants.

Le film offre un coup de projecteur surprenant sur une ville bien moins morose que ce que l’on peut en penser a priori avec ces destins particuliers qui touchent et émeuvent.

Synopsis: Dans la ville nouvelle beaucoup de gens arrivent d’ailleurs, se mélangent, trouvent une place. Leurs histoires se croisent et s’incarnent ici à Cergy, où Annie Ernaux a écrit l’essentiel de son œuvre nourrie de l’observation des autres et de son histoire intime.

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