Paterson
Paterson, film de Jim Jarmush, Copyright 2016 Window Frame Films Inc. Photo by Mary Cybulski

Jim Jarmusch fidèle à ses habitudes avec un Paterson langoureux

Paterson est un film de Jim Jarmusch. Cette simple phrase pourrait suffire à résumer sa dernière réalisation. Car film après film, Jim Jasmusch s’obstine à creuser le sillon de son cinéma, envers et contre tout et avec une admirable constance. Epure du style et du scénario, paradoxes savamment distillés et langueur doucereuse composent un cinéma du (faux) vide et de l’action (elliptique).

Des acteurs pris dans la toile Jarmusch

Adam Driver et Golshifteh Farahani jouent deux personnages n’aimant rien de moins que la stricte répétition à l’identique de chacune de leurs journées. Paterson et Laura évoluent sans vraiment évoluer devant la caméra d’un Jim Jarmusch fidèle à lui même. En adaptant à son cinéma le fameux principe aristotélicien Nous sommes ce que nous faisons à répétition, il met en exergue une sorte de sagesse antique par delà le carcan rythmé et instantané de notre société moderne. Le film Jarmuschien est un univers en soi aux rares irruptions d’action dans un univers répétitif. Le héros conduit ici son bus, rédige des poésies, va promener son chien et aime son épouse qui elle reproduit toujours les mêmes motifs blanc et noir dans ses oeuvres artistiques. Une constante dans tous les films du réalisateur américain dont le cinéma privilégie la persistance au foisonnement.

Une symbolique de l’analogie

Le héros Paterson vit dans la ville de Paterson depuis son plus jeune âge sans jamais avoir voulu la quitter. Il y croise un nombre impressionnant de jumeaux et jumelles qui amène à se poser la question: lui même n’a-t-il pas un jumeau caché dans la ville? Ne sont-ce donc pas deux personnes différentes qui composent des lignes de poésie et conduisent le même bus chaque jour? Derrière l’impression (trompeuse?) de récurrence se cachent ces infimes évènements qui marquent les esprits. 3 ou 4 actions parcellaires amènent tout leur sel aux 1h58 d’un film qui rebutera toujours autant ses contempteurs et ravira ses admirateurs. Car Paterson n’a pas grande différence avec les précédentes réalisations de Jim Jarmusch, fidèle à lui même envers et contre tout. Certains le taxeront de facilité outrancière, d’autres liront entre les lignes pour admirer sa belle régularité.

Paterson est un film de Jim Jarmusch dans toute sa splendeur. N’attendez ni un film d’action ni une com’rom’. Attendez vous plutôt à des longues balades en bus et à un sens toujours renouvelé de la persistance. Du Jim Jarmusch, envers et contre tout.

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Paterson
Paterson

Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

Sortie : le 21 décembre 2016
Durée : 1h58
Réalisateur : Jim Jarmush
Avec : Adam Driver, Golshifteh Farahani, Kara Hayward
Genre : Drame, Comédie

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