Il fut un temps où le cinéma italien proposait des longs-métrages inventifs dans des genres néo-réaliste ou comique avec le même bonheur. Souvent considéré comme un film néo-réaliste tardif, Jours d’amour réunit les encore tout jeunes Marcello Mastroianni et Marina Vlady dans une romance aussi amoureuse que sociale. Giuseppe De Santis à qui est généralement attribué le film s’associe à Leopoldo Savona pour un pitch étonnant, sur fond de monde paysan aussi laborieux que grippe-sou.

Une chronique sociale roublarde

Le film débute avec une description qui se veut la plus réaliste possible en montrant la condition de vie paysanne dans l’Italie de l’après guerre. Le labeur est aussi intense que ses rétributions sont maigres. C’est dans ce contexte que les jeunes personnages interprétés par le tout juste trentenaire à l’époque Marcello Mastroianni et la jeune Marina Vlady âgée alors de 16 ans mais au CV fort de déjà 15 films s’aiment. Les deux acteurs se sont déjà épris l’un de l’autre dans le film en noir et blanc Penne Nere de Oreste Biancoli. Le futur séducteur de la Dolce Vita interprète Pasquale Droppio et la beauté presque slave de Vladiy joue Angela Cafalla. Leurs parents respectifs sont pauvres, ou bien trop radins pour risquer leur maigre pécule dans une noce qu’ils ne voient peut être pas d’un si bon œil, au moins du point de vue financier. Un plan est échafauder pour permettre l’union, mais à moindre coût. Le jeune homme doit enlever la jeune fille et consommer leur amour pour que l’union de réparation devienne irrémédiable. Mais rien ne se passe comme prévu, les familles d’abord de mèche se fâchent dans un bel imbroglio made in Italy et la jeune femme refuse de céder si facilement sa vertu. Les images néo-réalistes des paysans en plein travaux harassants dans les champs tranchent avec les sentiments sincères des deux tourtereaux, leur vision de l’amour se veut pure alors qu’autour d’eux tout le monde ne pense qu’en terme d’argent. Quand les péripéties surviennent, le rythme faiblit un peu mais le charme tout italien du film subsiste jusqu’à une fin qui se veut optimiste, du moins en apparence car l’argent n’est pas apparu entre temp par magie. De Santis offre des images d’une beauté confondante, avec des belles couleurs et des plans émouvant de paysans misérables s’échinant dans les des plaines italiennes, faisant ainsi comprendre l’origine de leur pauvreté et ainsi de leur prudence redoutable. La love story à l’italienne est à plusieurs niveaux, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Le film Jours d’amour de 1954 sera visible en salles le 30 septembre en version restaurée 2K pour se plonger dans un temps où le cinéma italien savait enchainer les perles cinématographiques sans faiblir, offrant une alternative de qualité à la grande machinerie hollywoodienne.

Synopsis: Angela et Pasquale ont grandi ensemble dans une petite ville d’Italie et sont tombés amoureux. Ils aimeraient pouvoir se marier mais leurs familles respectives, de modestes paysans, n’ont pas assez d’argent pour organiser la noce. Face au désarroi de leurs enfants, ils trouvent bientôt un stratagème qui devrait leur éviter trop de dépenses inutiles : Pasquale va ” enlever ” Angela et rester seul avec elle pendant quelques jours. À leur retour, il ne restera plus qu’à les marier sans cérémonie officielle, donc sans frais…

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