La jeune fille et l’araignée, un film labyrinthique à découvrir en salles le 20 octobre

Les réalisateurs Ramon et Silvan Zürcher filment un déménagement apparemment sans histoires dans leur film La Jeune Fille et l’Araignée. Apparemment car en réalité, la séparation entre Mara (Henriette Confurius) et Lisa (Liliane Amuat) ne se fait pas sans regards en coin lours de sens. Les 2 jours et 1 nuit de travaux et de visites de proches sont encore augmentés par des histories de séduction entre un ouvrier polonais et les habitantes du lieu. Au final, le film s’organiser en plusieurs chapitres où la relation entre les futures anciennes colocataires se change en un labyrinthe des sentiments.

Un film monde

Le huit clos de l’appartement est figuré par un plan des lieux incessamment modifié par l’ajout de petits griffonnages enfantins. Même grand, l’appartement parait minuscule quand tout le monde vaque entre les pièces, se croise, se frôle, s’épie ou se dévisage avec ou sans paroles. L’équipe du film a du jongler entre les couloirs étroits et les pièces exigües pour créer un effet d’enfermement entre les personnages qui déplacent des objets, les ouvriers qui réalisent des travaux et ceux qui viennent soi-disant pour prêter main forte. Les réalisateurs cadrent les personnages dans des scénettes d’un quotidien qui ressemble à une toile d’araignée incessamment tissée. Le titre original du film est The girl and the spider pour bien préciser que Mara est le point central du film. Le spectateur en vient à demander si ce n’est pas elle l’araignée qui tente de maintenir Lisa dans sa toile. Le cocon confortable où les 2 jeunes filles vivaient en harmonie devient tout brouillé avec l’arrivée d’une foule nombreuse, évolutive, intrusive, qui modifie sans cesse la physionomie des lieux à coup de travaux et de casses involontaires. Le cinéaste suisse Ramon Zürcher revient après L’étrange petit chat pour un récit entre 2 étages et plusieurs pièces où des airs de piano et des dragues timides se jouent au fur et à mesure que le déménagement se concrétise. Le spectateur français remarquera surtout l’air incessant de Voyage, Voyage de Desireless, comme une métaphore de la séparation en train de se produire.

La Jeune fille et l’araignée ressemble parfois à un film de laboratoire, les réalisateurs semblent observer leurs personnages se cogner les uns contre les autres pour en voir ce qui va en sortir.

Synopsis: Pendant des années, Lisa a vécu en colocation avec Mara et Markus. Mais le moment de prendre un appartement pour vivre seule est enfin venu. Un curieux manège de désirs prend son envol. Un film catastrophe tragi-comique, une ode poétique au changement et à l’éphémère.

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