Le film La loi de Téhéran a reçu tout récemment le Grand Prix et Prix de la Critique au Festival Reims Polar. Ecrit et réalisé par Saeed Roustaee, le film tient en haleine en suivant 3 protagonistes dans le monde corrompu et en dehors de la loi de la capitale iranienne. Le film débute avec une scène de course poursuite qui met dans l’ambiance, surtout quand on connait son dénouement. Ce film policier est un modèle d’équilibre et de cinéma vérité sur les turpitudes cachées de la réalité iranienne.

Un thriller tendu et nerveux

C’est d’abord Samad (Peyman Maadi), le flic retors et obstiné qui tient les reines de l’intrigue. Le film noir va révéler petit à petit plusieurs destins de part et d’autres de la loi, tu bon côté et du mauvais côté, pour révéler les passe-droits et les latitudes possibles pour s’en accommoder. Certains sont des laissés-pour-compte et d’autres savent se frayer un chemin. La police et la pègre jouent au chat et à la souris, certains y trouvent leur compte, d’autres deviennent des victimes expiatoires. Personne d’autre que William Friedkin a soutenu ce cinéma tumultueux, rappelant le très en forme actuellement cinéma coréen dans ce domaine, comme l’ont montré par exemple Lucky Strike ou Parasite. La violence est frontale, le rythme est enlevé, enlevé, les péripéties sont inattendues. En Iran, la vérité est simple, être pris en possession de 10g ou 10kg de drogue ne fait aucune différence, la sentence capitale est la seule issue acceptée par la loi. Dans un tel contexte, les trafiquants ne font pas dans la demi-mesure, jouant sur du velours avec un parc de consommateurs domestiques estimé à 6,5 millions dans un pays où les mollahs Mollahs dirigent les âmes et les corps de 83 millions d’habitants. Le début du film suit donc Samad, désireux de coffrer le plus gros trafiquant, impossible pendant longtemps à identifier. Et puis le fameux Naser est appréhendé, et ce nouveau personnage devient le centre de l’action. Au cœur de prisons surpeuplées pour cause de raffles massives au cœur de bidonvilles qui comptent le plus de consommateurs, on le voit tenter de joindre des accointances pour échapper à la peine qui lui prend au nez. Entre les rivalités policières et ce gros gibier, les histoires entremêlées se succèdent pour montrer que le méchant n’est pas forcément ce lui qu’on croit.

Le suspense est roi dans un film qui déconstruit les stéréotypes et soulignent le poids de la pauvreté dans l’explosion du trafic de drogue, les difficultés économiques ne faisant qu’aviver de gouffre abyssal combattu par une police dépassée et elle-même tiraillées par les rivalités internes. La chronique sociale révèle la complexité d’une société iranienne rarement montrée sous ce jour, victime des trafics et la corruption. Ce second long métrage est un coup de maitre à découvrir en salles le 28 juillet.

Synopsis: En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l’affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure…

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