L’amour et les forêts, Eric Reinhardt : toute la vérité sur ce livre.

L’amour et les forêts, un livre de Eric Reinhardt

L’amour et les forêts, un livre de Eric Reinhardt

Bénédicte prend contact, par écrit, avec Eric Reinhardt, pour lui signifier toute son admiration quant à son dernier livre Cendrillon. A la suite d’échanges de mails, ils se rencontrent, à Paris, deux fois. Et Bénédicte se livre à lui en toute confiance. Voilà le début de L’amour et les forêts. Terrible histoire.

Publié aux Editions Gallimard en août 2014 – 21,90€


L’amour et les forêts, un livre de Eric Reinhardt

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt

 

Je vous demande, cher lecteur, de lire cette chronique jusqu’au bout. Pour comprendre la réalité, la vérité sur ce livre. Vérité qui ne fait pas plaisir d’autant plus qu’on apprécie beaucoup cet auteur.

L’amour et les forêts, livre bouleversant qui entre dans l’intimité d’une femme harcelée par son mari. Le harcèlement est tellement présent, que nous, simples lecteurs, nous sentons aussi harcelés par cet homme ignoble, pervers et manipulateur. Le rythme est rapide, mais avec des phrases longues, comme pour insister sur la souffrance de Bénédicte qui n’a pas le temps de respirer librement au côté d’un homme psychiquement malade qu’on pourrait traiter de « pervers narcissique ». Mais ce n’est pas lui que l’on va soigner. C’est Bénédicte. Comme si la coupable était cette jeune femme !

Bénédicte est une jeune femme brillante, agrégée de lettres. Professeur de français. Mariée. Mère de famille de deux enfants. Tout pour être heureuse… Mais ce ne sera pas le cas.

L’auteur nous entraine dans son récit, avec beaucoup de psychologie, et aussi un cri de révolte contre la vie absurde de son héroïne. Au fil des pages on a envie de crier à Bénédicte de partir, de fuir cette vie insupportable qu’elle subit. Et les scènes de ménage sont tellement vraies, tellement absurdes qu’on a même l’impression de les avoir vécues un jour.

Très belle écriture. Ressentis puissants. Récit bouleversant. Heureusement, Bénédicte connaît une merveilleuse parenthèse de bonheur. Très très courte parenthèse mais qui permet au lecteur d’espérer ou en tout cas de reprendre sa respiration durant quelques pages.

Vous l’aurez compris, je ne peux pas vous en dire davantage sur cet incroyable livre. Commencez-le en prenant soin d’avoir plusieurs heures de tranquillité devant vous. Car une fois commencé, vous ne le lâcherez plus. Et vous ne l’oublierez pas ! Une écriture époustouflante qui nous permet d’accepter une lecture souvent traumatisante. Dure mais juste. Il n’est jamais aisé de donner la parole à une femme maltraitée. Mais l’auteur le fait de façon presque sublime, ce qui rend toute sa dignité à son héroïne, à son admiratrice… Une façon de réhabiliter cette jeune femme.

L’amour et les forêts a reçu le prix Renaudot des Lycéens 2014, le prix France Télévision et le prix des étudiants France Culture/Télérama 2015.

L’actualité de ce livre au 25 mars 2015 :

Après avoir écrit ces quelques lignes, je vais voir ce qui est écrit sur ce livre, sur le Net, comme je le fais toujours. Et là, désagréable surprise. Tout s’effondre. Si j’avais bien l’impression que cette histoire sentait le vécu, c’est qu’elle a été vraiment vécue. Par l’héroïne, justement. Pas Bénédicte mais une autre jeune femme. Une fan de l’auteur qui a réellement pris contact avec lui, folle admiratrice de son dernier roman Cendrillon. Toute la majorité du livre est l’exacte vérité de cette jeune femme. Elle s’est confiée à l’auteur, lui a écrit des mails, lui a raconté ses déboires conjugaux. En toute confiance. Elle lui a même offert, pour son anniversaire, une quarantaine de pages écrites de sa main, racontant ses souffrances. Et aujourd’hui, elle se dit prête à assigner en justice l’auteur pour atteinte à la vie privée et contrefaçon. Car non seulement Reinhardt a écrit son histoire, mais il y a même inséré ses écrits. Sans son autorisation, bien sûr.

Vous pourrez découvrir tous les détails de cette sordide affaire qui date du 23 mars 2015 : l’Express

Du coup, quelle déception ! Impossible de ne pas revenir sur ma chronique. Je mets 5 étoiles à Bénédicte, elle-même. Et j’espère qu’elle me lira. Je la soutiens dans son nouveau combat qui est celui de la dignité.

Et je déplore qu’un tel auteur se soit approprié les écrits d’une jeune femme en souffrance. On comprend mieux pourquoi on avait l’impression que l’auteur avait lui-même connu une telle souffrance. L’auteur, non, mais Bénédicte, oui.

Je ne réécris pas, volontairement, ma critique. J’estime que tout ce qui est positif revient à cette jeune femme qui, aujourd’hui, est blessée par l’écrivain qu’elle admirait tant.

J’en veux à l’auteur d’avoir volé la vie de Bénédicte, d’avoir volé son intimité, ses écrits. C’est comme un viol.

Publik’Art va suivre cette affaire de très près et vous tiendra au courant.

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En fonction depuis 2010, Bénédicte est notre directrice déléguée. Elle partage son expertise en de nombreux domaines. Elle dévore les livres comme d'autres dévorent le chocolat. Responsable des rubriques Littérature et Cinéma, elle gère aussi les opérations concours réalisées avec nos partenaires. Elle est notamment membre de l'Union des Journalistes de Cinéma (UJC).

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