Le choc Mother!

Mother!
Mother!, film de Darren Aronofsky, Copyright Paramount Pictures

Le choc Mother!

Depuis sa sortie en salles les 13 septembre dernier, Mother! a fait couler beaucoup d’encre, s’attirant un nombre aussi impressionnant de détracteurs que d’admirateurs. Le film divise et ne laisse pas indifférent, il fallait aller le voir pour trancher dans le vif. Et le constat est aussi définitif que positif: le film de Darren Aronofsky est une grosse bombe émotionnelle. Jennifer Lawrence donne tout ce qu’elle a dans ce personnage de femme tourmentée par une intrigue qui ne lui laisse que peu de repos. Il y a un faux air de  Requiem for a dream dans ce cauchemar éveillé.

De faux airs de normalité

Un couple profite de son immense maison fraichement rénovée en plein coeur d’un bois inaccessible. Lui est un auteur en panne d’inspiration, elle une femme au foyer qui n’aime rien de moins que son petit cocon retranché du monde. Quand la maison se retrouve à maintes reprises envahie par une nuée d’étrangers aimablement conviés par son mari, elle commence une lente descente aux enfers. Jennifer Lawrence et Javier Bardem n’ont pas de noms, la pièce qui se joue est bien trop universelle pour les réduire à de simples personnages normalement pourvus de prénoms. Au fur et à mesure que des invités impromptus s’immiscent dans leur bonheur immaculé, le film se brouille d’une atmosphère de plus en plus apocalyptique, immisçant un malaise croissant dans un tableau d’abord idyllique. Jusqu’à ce que le spectateur se demande si la fameuse mère (qui n’en est d’abord pas une) n’est pas le jouet d’un destin taquin, voire de puissances occultes. Darren Aronofsky avait déjà nimbé son Requiem for a dream d’une atmosphère apocalyptique similaire, traumatisant bon nombre de spectateurs avec la descente aux enfers vertigineuse de ses 4 personnages. Il refait ici une tentative fascinante avec la brebis effarouchée Jennifer Lawrence comme victime sacrificielle. A ses côtés, tous les personnages revêtent des aspects délibérément hostiles. Ed Harris, Michelle Pfeiffer et Javier Bardem sont le sommet d’un iceberg qui engloutit petit à petit la fragile épouse dans un trouble sans fin.

Un prodigieux exercice de style

Le huit clos n’empêche pas le film d’accumuler les atmosphères malveillantes avec des étapes successives dans la plongée dans le cratère d’un volcan émotionnel. Javier Bardem garde un faciès désespérément avenant et joyeux quand Jennifer Lawrence multiplie les expressions de plus en plus affligées. Il y a du Mia Farrow sortie de Rosemary’s Baby dans cette prestation. Sauf qu’au contraire de Roman Polanski, Darren Aronofsky fait le pari de l’outrance et des nombreux effets de style. Les effets spéciaux s’enchainent dans une ronde sans fin qui laisse l’héroïne exsangue, le spectateur aussi. Ceux qui souffrent d’une phobie de la foule hostile en auront pour leurs frais. Pas de monstres sortis du placard dans ce film, seulement une utilisation perverse de peurs ancestrales liés à l’étranger et à l’inconnu. Le danger est humain et complètement réaliste, à tel point que le spectateur qui accepte de se faire emporter dans la danse démoniaque n’en sortira pas indemne. Plus qu’un malaise cinématographique, l’ambiance instituée par le réalisateur est quasiment épidermique. Avec un dénouement finalement pas si imprévisible que ça…

Mother! est un des chocs cinématographiques de la rentrée, à découvrir sur grand écran pour apprécier la maestria technique et scénaristique d’un réalisateur qui revient enfin à son meilleur niveau!

SYNOPSIS ET INFOS

Mother!
Mother!

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité.

Sortie : le 13 septembre 2017
Durée : 2h02
Réalisateur : Darren Aronofsky
Avec : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris
Genre : Thriller

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Réalisation
Scénario
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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