Ce film de 1963 en noir et blanc est le premier film de Lina Wertmüller. En plein cœur d’un petit village italien des Pouilles , le désœuvrement est roi pour des habitants plongé dans une profonde langueur existentielle. La réalisatrice a officié chez Fellini comme assistante sur Huit et demi (1963) et a profité d’une partie de son équipe pour tourner I basilischi, son premier long métrage.

Un temps que les moins de 20 ans…

I Basilischi est un succès précoce pour sa réalisatrice avec 2 prix obtenus au 16e Festival de Locarno, la Voile d’argent et le prix Fipresci, de quoi donner une impulsion décisive pour la suite de sa carrière, tourner Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été et se placer dans la droite ligne du combat déjà d’actualité pour l’égalité des sexes. La jeunesse locale apparait comme à l’arrêt, figée dans un lieu et une époque qui ne permet pas à la génération d’après-guerre de prendre son envol, pas encore du moins. Le provincialisme figé des traditions et l’autorité parentale empêche de réaliser les rêves et les ambitions. La musique d’Ennio Morricone accompagne les longs palabres dans la délicieuse langue italienne qui rebondit sur des anecdotes locales évoquant les vicissitudes d’un village vivant comme en autarcie. En se rendant en Basilicate, la réalisatrice filme les problèmes sociologiques propres à un Mezzogiorno pauvre et immobilisé dans des blocages antédiluviens. Ce sont la monotonie et l’enfermement qui priment pour une jeunesse qui cherche à quitter la région pour trouver un avenir meilleur. Le trio de jeunes hommes que la réalisatrice suit s’intéresse plus particulièrement au personnage d’Antonio, décidé à partir pour ne pas tourner en rond et se déliter doucement. Les sirènes romaines sont irrésistibles mais le jeune homme est attiré par son village, qu’il rejoindra comme un aimant, content de son expérience dans la capitale, mais de retour pour de bon, signe que l’atmosphère si particulière de son village lui manquait, contredisant toutes les aspirations d’ailleurs évoquées au début du film.

Lina Wertmüller analyse les mentalités d’une jeunesse locale bloquée par ses ainés et engoncée dans un provincialisme véritablement castrateur. Le film est à découvrir du 16 au 20 avril sur le Vidéo Club Carlotta Films pour un saut charmant dans le passé.

Synopsis: Antonio (Antonio Petruzzi), fils du notaire d’une petite ville du sud de l’Italie, a 20 ans et passe ses journées à s’ennuyer avec ses amis Francesco (Stefano Satta Flores) et Sergio (Sergio Ferranino). Les jours s’écoulent, interminablement semblables, meublés des mêmes discussions et de la même absence d’activité. Un jour, Antonio se voit offrir la possibilité d’aller vivre à Rome où il s’inscrit à l’Université. Mais de retour au pays pour une journée, il décide de ne plus repartir…

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