Les Fleurs de Shanghai est un film de 1998 qui a grandement contribué à la renommée de son réalisateur Hou Shiao-Hsien. C’est un style, repris ensuite dans Millenium Mambo, fait de longues discussions et d’un minimum d’action. Certains sont addict à ce type de film étiré en longueur et pourtant très intense et cruel.

Un film qui se mérite

Les Fleurs de Shanghai fascine par son esthétique millimétrée, ses regards silencieux pleins de sens et ce jeu de dupe qui se trame au sein de chaque scène. Un effet quasi hypnotique enjoint de se libérer de son rythme habituel pour rentrer au cœur de ces somptueux plans-séquences au sein d’un univers de luxe et de volupté. Une maison close de Shanghaï sert de contexte ouaté pour un huit clos avec des personnages qui n’en sortent jamais vraiment malgré leur vie du dehors, un peu comme pour une Nicole Kidman prisonnière du décor de Dogville. Certains comparent l’expérience du film à un trip hallucinogène, d’autres vont plutôt s’y ennuyer, c’est une question de sensibilité et de rapport à l’espace-temps. Les 3 personnages principaux – les deux courtisanes Rubis, Emeraude et l’objet de leur fascination M. Wang – semblent flotter dans une atmosphère éthérée. Certains considèrent qu’il faut au moins 2 visionnages pour complètement appréhender le film et comprendre toute la complexité de l’intrigue. Le film se rapproche d’autres pépites historiques hyper formelles, comme chez Luchino Visconti ou Stanley Kubrick, avec une forme au service du fond et des détails aussi lourds de sens qu’une péripétie scénaristique. Le théâtre social qui se joue entre des hommes de pouvoir et des femmes également de pouvoir recèle une cruauté qui échappe aux mots mais contiennent pourtant une grande profondeur. Les visages et les gestes remplissent tout le cadre dans une richesse impressionnante et chaque détail peut révéler le sens caché du tout, au-delà des rituels, des exigences de classe ou des sentiments forcément cachés de chacun.

Voilà, le concept des Fleurs de Shanghaï est attirant, les deux heures de visionnage ne sont pourtant pas une partie de plaisir pour tout le monde. La grâce formelle ne peut pas plaire à tout le monde, et ce que certains appellent grâce est plutôt synonyme d’ennui chez d’autres. Il faut le savoir avant de tenter l’expériences des Fleurs de Shanghaï, visible de nouveau sur grand écran à partir du 22 juillet.

Synopsis: Dans le Shanghai du siècle dernier, entre l’opium et le mah-jong, les hommes se disputaient les faveurs des courtisanes qu’on appelait les fleurs de Shanghai. Nous suivons les aventures amoureuses de Wang, un haut fonctionnaire qui travaille aux affaires étrangères, partagé entre deux courtisanes, Rubis et Jasmin.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici