Les romanesques d’Edmond Rostand au théâtre du Ranelagh, une pièce à l’humour piquant

Le théâtre du Ranelagh propose une pièce vivifiante d’Edmond Rostand avec 5 comédiens en état de grâce. Comédie en 3 actes et en vers, Les Romanesques a été présentée pour la première fois sur la scène de la Comédie-Française en 1894. Beaucoup moins connue que Cyrano de Bergerac présenté en 1897, elle instille les éléments qui vont faire la renommée de l’homme au nez proéminent. Une histoire d’amour contrariée, des malentendus, des quiproquos et un art consommé des alexandrins. Le moment de théâtre est réjouissant, surtout qu’un piano sur scène permet d’agrémenter l’intrigue de numéros musicaux et de chansons, une toujours très bonne idée.

Avant Cyrano, la querelle des Bergamin et des Pasquinot

Un des personnages principaux de la pièce est un mur qui sépare les propriétés de deux familles en froid. Les chefs de famille Bergamin et Pasquinot ne cessent de se quereller. Mais à l’instar de Roméo et Juliette, leurs enfants se vouent des sentiments sincères. Percinet et Sylvette content fleurette en secret, croyant ne pas être découverts pour ne pas éveiller les courroux de leurs géniteurs. L’auteur ne perd pas de temps pour révéler le pot aux roses. La querelle est factice et n’a pour but que de susciter les sentiments interdits chez les tourtereaux pour une union des deux familles et une réunion des deux jardins. Edmond Rostand enchaine les tirades savoureuses pour donner une épaisseur toute romanesque à sa pièce. Surtout qu’apprenant le subterfuge, les amoureux en viennent à se fâcher et il faut de nouveaux subterfuges pour les réconcilier avec l’aide d’un personnage qui n’est pas sans préfigurer le futur Cyrano par sa faconde et sa décontraction. La mise en scène des 3 actes localise l’action au cœur du jardin où le mur se fait et se défait, métaphore filée des sentiments qui vont et viennent. La pièce évoque la lointaine époque où les mariages de convenance permettaient de réunir des familles et d’accroitre les possessions matérielles. Pour figurer les sentiments, les alexandrins s’accumulent dans un festival de bons mots et d’humour. Car Edmond Rostand n’en manquait pas et l’art des comédiens pour réciter le texte parfaitement sans aucune erreur mais avec beaucoup de plaisir concourt au succès de la pièce. Les 4 comédiens et la comédienne prennent visiblement beaucoup de plaisir à camper leurs personnages, ça se voit et ça se ressent, de quoi créer une jolie ambiance picaresque dans la salle et convaincre le public.

Comique et lyrisme sont portés par une petite troupe qui ne ménage pas ses effets pour faire honneur au texte de Rostand. La gaieté permanente arrache des rires et des sourires à une audience qui en redemande comme l’a bien montré la salve d’applaudissements finale.

Synopsis: Deux voisins se haïssent, leurs enfants s’aiment et se retrouvent secrètement en haut d’un mur défendu. Roméo et Juliette ? Rodrigue et Chimène ? Non ! Les deux amants, leurs pères et un comédien de province sont pris dans une aventure singulière : si certains amoureux se jouent des interdits en dupant leurs parents, ceux de Rostand pourraient bien, ici, être dupés à leur tour…

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