4 personnages passent toute la durée de la pièce à végéter dans la salle d’attente d’un psychologue. Le temps passant, les raisons de leur présence à chacun se dévoile dans un carambolage vivifiant où les répliques fusent pour des effets comiques irrésistibles. Le ton est à la pochade désopilante au Mélo d’Amélie et ça fait extrêmement du bien dans cette période troublée. Dans des impeccables conditions de sécurité avec distanciation sociale et port du masque de rigueur, les spectateurs ont pu savourer un moment de légèreté où les problèmes de chacun sont mis à distance pour des révélations qui scotchent sur place. Second degré bienvenu pour profiter à plein d’une pièce qui rit de tout avec une pertinence bienveillante malgré les pics et les coups bas continuels.

Qu’il est bon de rire parfois

Il y a d’abord Eric Johnsons (Zack Naranjo), le fou furieux agaçant, schizophrène en phase terminale et joyeux luron de la bande. Le couple formé de Paul (Thibault Sommain) et Nadia (Anna Barbini) en pleine tentative de conciliation pour surmonter l’irrémédiable impasse de leur relation. Et Catherine Drabot (Gwen Fiquet) célibataire mais pas trop venue soigner son hérisson Michel. Difficile de faire plus dissemblables, ils vont pourtant devoir cohabiter, se supporter et mieux se connaitre pour ne pas sombrer et trouver des solutions à leurs problèmes. Les thérapies attendues dans le cadre feutré d’un cabinet cossu ont lieu dans la salle d’attente où les révélations s’enchainent sans discontinuer dans un rythme tonitruant. Le couple cherche à comprendre pourquoi ils ne se supportent plus et si l’adultère de madame n’a pas des explications plus profondes qu’un vulgaire démon de midi. Des parents pas sérieux, des différences de points de vue sur leur existence commune, l’inimité secrète se fait jour entre tours de danse désopilants et attitudes plaisamment hostiles. La célibattante appelle son compagnon domestique du prénom de son ex, se refusant ainsi d’avancer par peur de se perdre. Et le timbré profond semble aiguiller finement les discussions avec le sentiment persistant que le déséquilibré doit certainement cacher un lourd secret. Les habitués de théâtre savent comme il est difficile de faire rire, les 4 y parviennent brillamment grâce aux dialogues croquignolets de l’auteur David Yol et à leur sens du timing. Le ping pong verbal s’accompagne d’attitudes décalées et d’une implacable montée de la mayonnaise. Tout sonne juste et les jeunes comédiens se démènent pour ensorceler des spectateurs conquis par une pièce qui fait du bien.

Les salles d’attente mélange légèreté et crises existentielles dans un bel équilibre défendu par une équipe qui doit bien rigoler sous cape des situations incongrues présentées aux spectateurs. Le spectacle doit continuer jusqu’à fin 2020 si la situation sociale le permet, voire même au-delà. Une bonne occasion de se rendre dans le quartier Etienne Marcel à Paris pour s’égosiller sans retenue.

Synopsis: Attendre n’aura jamais été aussi problématique ! Dans une salle d’attente, Eric Johnsons patiente pour une consultation chez son psychologue. Arrivent Nadia et Paul, un couple marié depuis 10 ans et avec ce petit souci d’adultère qu’ils tentent de résoudre au travers d’une thérapie. Dernière à se présenter, Catherine Drabot, amène son hérisson Michel pour une visite chez le vétérinaire. C’est alors qu’ils commencent à discuter tout en s’intéressant les uns aux autres, que débute un grand n’importe quoi. Quatre personnes avec tant de problèmes qui en attendent les solutions, ça ne peut que dégénérer …

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