L’action du film les sorcières d’Akelarre se situe au Pays Basque en 1609 avec des jeunes filles accusées de sorcellerie et destinées au bucher par un tribunal de l’inquisition enfermé dans ses certitudes. Pendant des siècles, des femmes ont été accusées et condamnées sur la foi de témoignages ambigus et surtout sans vrai fondement. Le film montre la logique aussi perverse que retorse de tribunaux sans autre jugeotte que leur fanatisme forcené. Le réalisateur argentin n’en est pas à son coup d’essai dans sa réflexion autour des féminicides à travers l’histoire. En cela, le film est assez glaçant.

Les femmes, victimes idéales des hommes butés

Le film débute comme un conte de fées avec un village à la vie paisible, entre plage et forêt, cadre de vie idéal à l’harmonie contrariée par la venue d’un juge de l’inquisition, connu pour enchainer les buchers sur son passage. Les femmes condamnées à mort pour sorcellerie ont été des centaines, peut-être des milliers au cours d’un siècle marqué par l’obscurantisme religieux. Il faut voir ces scènes d’interrogatoire où le juge prend à coup sûr le contre pied à chaque réponse formulée, comme si les femmes étaient condamnées d’avance, par un pur réflexe théologique personnel. Les femmes libres sont vues d’un mauvais œil et l’inquisition est un moyen idéal de s’en débarrasser. La reconstitution historique se base sur la vie du juge Pierre de Rosteguy de Lancre, magistrat français connu pour avoir participé à un épisode de chasse aux sorcières au Pays basque. 4 jeunes femmes sont enfermées, interrogées, torturées et destinées au bucher. au-delà du contexte, c’est toute une réflexion sur la prédominance des hommes et du postulat patriarcal par delà la liberté individuelle, avec un parallèle évident avec notre époque. L’acteur Alex Brendemühl fait un magistrat glaçant à l’ambiguïté troublante. Car les hommes ne sont pas insensibles aux charmes de la liberté, ils ne demandent qu’à être fascinés dans un procédé d’attirance – répulsion qui fait tout le sel du film.

Les sorcières d’Akelarre offre un récit plein de force sur l’oppression culturelle à laquelle sont contraintes les femmes par des hommes arcboutés sur leurs prérogatives excessives. Des scènes puissantes parsèment le film pour un traité plein de sens sur la place des femmes dans la société.

Synopsis: Pays basque, 1609. Ana, Katalin et leurs amies sont brusquement arrêtées et accusées d’un crime dont elles ignorent tout : la sorcellerie. Missionné par le roi pour purifier la région, le juge Pierre de Rosteguy de Lancre ne doute pas de leur culpabilité. Il veut leur faire avouer tout ce qu’elles savent sur le sabbat, cette cérémonie diabolique au cours de laquelle Lucifer est censé s’accoupler avec ses servantes. Quoi qu’elles disent, on les appelle sorcières. Il ne leur reste plus qu’à le devenir.

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