Casey Affleck avait déjà réalisé un film en 2010 avec son frère Joaquin, le très expérimental I’m Still here. Il est de retour avec un film dystopique centré sur la fuite éperdue d’un père et sa fille dans un monde où les femmes ont presque totalement disparu suite à une peste scélérate. Pas de grands effets spéciaux ni d’action éperdue dans un récit de survie contre la cruauté d’un monde où tous les repères ont disparu. Des longs dialogues aux plans éternellement fixes jalonnent cette tentative de conserver son humanité par delà un environnement hostile.

Un retour aux sources

Light of my life est surtout un récit d’amour filial entre un père protecteur et sa fille encore trop jeune pour être livrée à elle-même. Dans des paysages essentiellement ruraux, les deux personnages marchent beaucoup et respectent une stricte discipline pour éviter les mauvaises rencontres. Car la peste a décimé les femmes et les hommes rescapés pourraient vouloir du mal à la jeune fille. Casey Affleck arbore une toison d’homme des bois hirsute et distille de bons conseils à sa fille en jetant des perpétuels regards derrière son épaule. Leur relation prend toute la place dans un film où deux lieux principaux regroupent l’essentiel de l’action, une maison abandonnée dans les bois et une maison habitée par des hommes sages dans une région enneigée. Ces deux lieux de civilisation sont en fait des pièges inattendus, phares trop visibles dans un océan de désolation. Pas de crainte de famine comme dans La Route où un cannibalisme généralisé tient lieu de menace principale faute de nourriture, le risque tient surtout au statut de la jeune fille, face à des hommes érigés en menace mortelle. L’économie de moyens apparait par le refus d’utiliser la caméra à l’épaule ou la streadycam, les plans sont fixes avec des cadres où les acteurs ont toute latitude pour se mouvoir, sans indications préalables rigides. L’effet produit est suffisamment anxiogène pour instiller ce degré de tension que l’absence quasi totale d’action empêche souvent de générer. Des mauvaises rencontres émaillent cette fuite éperdue vers un ailleurs illusoire, le père doit se battre pour sauvegarder sa progéniture devenue sa raison de vivre depuis la disparition de sa femme. Des flashbacks montrent une Elizabeth Moss appelée à disparaitre par la faute d’une pandémie qui résonne étrangement dans le contexte actuel. Et si la civilisation humaine devait s’éteindre malgré son avancement technologique et toute sa connaissance du monde qui l’entoure?

Le film appelle à une réflexion profonde pendant deux heures parfois un peu longuettes. Le réalisateur a fait le choix du dénuement pour répondre à la question du sens de la vie dans un monde qui a perdu presque toute raison d’exister. Sans femmes, pas de lendemains, alors pourquoi continuer à avancer? Vaste sujet auquel Casey Affleck tente d’apporter quelques réponses.

Synopsis: Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

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