L’infirmière est un film à énigmes qui tient en haleine dans l’attente d’une explication finale que le réalisateur Koji Fukada ne livre pas explicitement. Cette infirmière devenue une membre de la famille où elle intervient éveille des questionnements mais rien ne permet véritablement de trancher. Bipolaire? Psychopathe? Le drame reste entier jusqu’au bout, et le spectateur est bon pour échafauder ses théories. Les spectateurs pourront s’en rendre compte le 5 août dans les salles!

Une énigme à géométrie variable

Koji Fukada fait partie de la jeune génération de réalisateurs japonais à suivre pour les années à venir. Il a évolué dans des genres très différents, l’animation expérimentale avec La Grenadière, le mélodrame familial avec Harmonium, le récit d’apprentissage aavec Au-revoir l’été et la science-fiction apocalyptique avec Sayonara. C’est ici à un drame noir auquel s’adonne Fukada avec une infirmière pleine de mystère. Professionnelle dévouée, elle fait preuve de sérieux et d’empathie avec la vieille femme qu’elle assiste. Toujours le sourire aux lèvres, elle donne aussi des cours particuliers aux deux jeunes filles de la famille. Et c’est là que la tragédie apparait, comme par surprise. Car le neveu de cette infirmière est soupçonné d’avoir kidnappé la cadette des jeunes filles. Plus rien ne sera plus jamais pareil pour cette infirmière frappée du sceau de la suspicion. Et là, une situation pas si compliquée commence à échapper au spectateur. La faute à des sauts temporels et des ambiguïtés jamais dissipées. Ainsi l’infirmière n’est jamais vue en compagnie de sa sœur, et la ressemblance frappante entre les deux insinue le doute, portant le sujet sur l’autel de la duplicité et de la bipolarité. L’infirmière et sa sœur doivent-elles être considérées comme deux personnes différentes ou les deux faces d’une même réalité? Le malaise est persistant et ne disparait jamais vraiment tandis que l’infirmière est la proie d’hallucinations aussi persistantes que redondantes. La confusion de la réalisation entretient le doute dans l’esprit du spectateur, et le suspens qui apparait à l’annonce de la libération de la jeune fille ne signe pas la fin du film. La tension est perpétuée ave une infirmière en proie à une folie douce naissante tandis qu’elle change de coupe de cheveux et que ses échanges avec une jeune fille de la famille où elle intervenait la font passer pour une déséquilibrée aux yeux de tous. Le récit se situe sur le fil du rasoir et le spectateur ne peut s’empêcher d’essayer de tenter de rassembler les pièces d’un puzzle retors.

L’actrice Mariko Tsutsui est au premier plan d’un film où elle tient deux rôles centraux à l’ambiguité morale patente. L’Infirmière confine au film malade, avec son ton bon teint de façade cachant une hypocrisie de tous les instants. L’incertitude règne dans ce qui ressemble à un thriller prenant, sur les écrans français le 5 août prochain.

Synopsis: Ichiko est infirmière à domicile. Elle travaille au sein d’une famille qui la considère depuis toujours comme un membre à part entière. Mais lorsque la cadette de la famille disparaît, Ichiko se trouve suspectée de complicité d’enlèvement. En retraçant la chaîne des événements, un trouble grandit : est-elle coupable ? Qui est-elle vraiment ?

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