Marin Troude est un jeune réalisateur français basé entre Paris et Los Angeles. Son film court de 21 minutes Lost in Carranza est une plongée anthropologique dans le monde interlope de San Francisco à la suite d’un personnage en marge. C’est après un beau parcours en festivals que le réalisateur a contacté Publik’Art pour partager son œuvre. Le film a représenté la France en avant-première à l’ouverture de l’American Documentary Film Festival l’année dernière. Le film a une vraie originalité ainsi qu’une histoire à raconter.

Une plongée dans une vie abimée

Lost in Carranza est un film court sans artifices qui raconte l’histoire de Pablo Carranza, jeune skateur issu d’un ghetto de San Francisco, blacklisté par un système économique et social qui ne donne pas sa chance à ceux qu’il préfère marginaliser. A fleur de peau, sa vulnérabilité l’a conduit à plonger dans les drogues dures avec des scènes coup de poing où le jeune plein de bonne volonté saute à pieds joints dans des paradis artificiels comme autant d’échappatoires à la dure réalité. Le système n’accepte pas ceux qui ne respectent pas les codes avec une vie rangée, les bons diplômes et un environnement aseptisé. Le jeune homme se réfugie dans la solitude, la religion et la drogue, trainant avec son skate dans les rues bétonnées d’une ville où il erre plus qu’il ne vit. Le réalisateur aborde notamment le sujet de l’addiction avec un Pablo Carranza qui végète entre les messes et les shoots sans parvenir à s’en sortir malgré ses rêves et une lucidité touchante. Le film devient un vrai documentaire avec un personnage qui vit une vie de pas grand chose, lui qui était parvenu à décrocher replonge dans la dope devant la caméra. La réalité a dépassé la fiction sans prévenir et le tournage est devenu très compliqué à la suite du comportement de plus en plus autodestructeur de Carranza. Le réalisateur nous a appris qu’aujourd’hui, Pablo est sobre et le film est enfin terminé, lumières dans la nuit d’une existence sombre avec ses élans et ses revirements.

Lost In Carranza est une œuvre éminemment personnelle qui compte beaucoup pour son réalisateur. La caméra virevolte avec des plans de pure beauté plastique avec un message utile en direction des plus jeunes au sujet du danger de l’addiction. Quitter les caniveaux de la drogue pour regagner une vie remplie de sens et de projets, c’est ce qu’on peut souhaiter de plus beau à chacun.

Une belle liste de distinctions:

  • 2019 : Festival Tous Courts – Aix-en-Provence (France) – Sélection
  • 2019 : Catalina Film Festival – Los Angeles (États-Unis) – Sélection
  • 2019 : Beverly Hills Film Festival – Beverly Hills (États-Unis) – Film d’ouverture
  • 2019 : AmDocs – American Documentary Film Festival – Palm Springs, CA (États-Unis) – Film d’ouverture
  • 2019 : Redline International Film Festival – Toronto (Canada) – Prix du meilleur court métrage documentaire
  • 2019 : Short Sweet Film Fest – Cleveland (États-Unis) – Prix du Meilleur documentaire
  • 2019 : Mulhouse Tous Courts – Mulhouse (France) – Coup de cœur du jury
  • 2019 : Comète Film Festival – Paris (France) – Prix du Meilleur court métrage en langue étrangère
  • 2019 : Le Festival Européen du Film Indépendant (ÉCU) – Paris (France) – Sélection
  • 2019 : Aux Écrans du Réel – Le Mans (France) – Concours Premier Doc

Le lien pour regarder le film sur Vimeo: https://vimeo.com/marintroude/lostincarranza


Synopsis : Dans la nuit du 12 octobre 2015, Pablo Carranza retombe dans la drogue dure malgré plusieurs années de sobriété et de lutte contre ses addictions. Seul dans son appartement, rongé par les remords et la culpabilité, il décide de se confesser en laissant un dernier message à son premier amour.

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