Un ouvrier au plus bas de l’échelle sociale perd son frère sur le chantier d’une luxueuse villa sur lequel il travaille dans un quartier huppé de Mexico. Pris au piège d’un système sans aucune considération pour les petites gens, il profite du décès du propriétaire de la villa pour s’y installer avec des amis pour une vie en communauté qui dérape lentement vers la rancœur collective. Le rêve prend fin de manière abrupte et laisse les spectateurs pantois devant le dénouement désolant d’un rêve brisé.

Une impossibilité à s’en sortir

Francisco (excellent Luis Alberti) n’a rien demandé à personne, il travaille avec assiduité et se contente d’une vie de pas grand chose, entre plafond qui fuit et perspectives difficiles de s’en sortir. Quand il comprend que rien ni personne ne l’aidera à obtenir réparation pour la veuve enceinte de son frère, il prend la décision de supprimer le propriétaire indélicat de la maison qu’il contribue à construire pour se servir de trous dans la législation et occuper la villa. C’est toute une smala disparate qui débarque pour occuper tous les mètres carrés d’une maison que le propriétaire construisait pour son seul confort. Le spectateur ne peut alors pas s’empêcher de penser que la vie est mal faite, avec des riches qui ont tant et des plus pauvres qui n’ont pas assez. C’est alors une belle revanche sur le destin. Sauf que le d’abord très Robin des bois Francisco commence à vouloir profiter de la situation, et que ses compagnons s’en rendent compte et se retournent lentement contre lui. Quand la police débarque finalement pour évacuer tout ce petit monde, le doute s’installe. Francisco a-t-il manœuvré pour procéder à une revanche sournoise, lui qui a été viré manu militari de la plus grande chambre de la villa pour y voir s’installer une famille entière, dans le fil droit de la philosophie collectiviste qui régit les lieux mais cette fois à ses dépens. Le retour de bâtons est sournois, les spectateurs comprennent que Francisco a déguerpi quand la police débarque. L’intérêt particulier a primé, le rêve était beau, trop beau. Le réalisateur David Zonana laisse la mayonnaise monter avec maestria avant de la faire tourner avec une délectation non feinte. C’est très bien réalisé, avec l’exacte quantité d’animosité rentrée et de raccourcis visuels pour ne pas tout montrer et laisser l’audience se faire sa propre idée sur le drame qui se joue.

Mano de Obra (Main d’œuvre en français) est un drame social plain de sens et jubilatoire dans le même temps. Les agissements aux frontières de la loi du personnage principal laissent augurer d’un dénouement dramatique tout en laissant espérer une énième pirouette. Le film sort en salles le 19 aout pour un moment de cinéma rare et précieux.

Synopsis: Francisco travaille avec un groupe d’ouvriers à la construction d’une luxueuse maison à Mexico. Son frère meurt accidentellement sur le site. N’obtenant pas compensation pour ce décès, il décide de se mettre hors la loi.

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