La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, le terrible secret de Diane Ducret (Flammarion)

Diane Ducret

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, le terrible secret de Diane Ducret (Flammarion)

Cette fois-ci Diane Ducret ne révèlera pas de secret d’Histoire, comme elle a le don de faire, (voire Les Indésirables) mais elle dévoilera ses propres secrets. Dans son dernier livre La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, l’auteure nous livre la vie bouleversante d’Enaid.

Vie d’une jeune fille ordinaire

Si Enaid paraît être une jeune fille comme les autres, en fait sa vie n’est pas du tout ordinaire. Il semblerait qu’Enaid n’ait jamais de chance. Mais elle est super intelligente, voire surdouée, réagit toujours avec beaucoup d’humour et vit à 300 à l’heure ! Au début du livre, on assiste au désarroi d’Enaid qui se fait larguer par téléphone. Elle est en Pologne pour donner des conférences sur les Droits des femmes, et un coup de fil de son chéri va la faire tomber. Son chéri la trouve super mais il la quitte…

Diane Ducret a une plume toujours aussi majestueuse et pleine d’humour. Donc, on vit cette séparation assez légèrement… Avec humour aussi. Puis au fil des pages, quand on découvre la vie d’Enaid, son enfance, puis son adolescence, on ne rit plus. Mais vraiment plus du tout. On finit même le livre en pleurant… C’est une petite fille qui n’a quasiment pas connu ses parents dont elle a été séparée à l’âge de 3 ans. Et même si elle n’est pas malheureuse, elle sent qu’il lui manque l’essentiel et ce, depuis toujours. Elle découvrira que ses parents adoptifs sont en fait ses grands-parents, que sa mère est indigne d’élever un enfant. C’est comme ça. Personne n’y peut rien. Mais Enaid ne comprend pas et du coup, elle va se faire du mal, chaque jour davantage.

Une succession de catastrophes

A son adolescence, Enaid va faire les 400 coups, entrainée par les copains, alors qu’elle habite Biarritz, avec ses grands-parents. Elle a la légèreté de l’adolescence, elle n’a peur de rien et fait confiance à tout le monde. Toujours prête à vivre toutes les aventures, malgré sa bonne éducation. Heureusement, Enaid a oublié d’être bête. Ses virées à San Sébastian vont lui faire découvrir le monde obscur des jeunes : alcool, drogue… Un amour qui finira mal, déjà à quinze ans et qui la marquera au fer rouge. Elle ira faire la fête à Ibiza. Même pas peur. Elle sera tatouée, se fera un piercing sur la langue… Elle ne travaillera guère, mais elle est douée, alors, elle réussira quand même son bac, et ensuite ses études supérieures. Elle va tomber sur la personne la plus perverse de Paris. Enaid va souffrir à cause d’un homme, alors qu’elle a à peine 20 ans. Et son corps aussi sera mutilé. Terriblement. La descente en enfer.

Des coups, toujours des coups

Enaid a tendance à faire confiance aux hommes et à la vie. C’est sa nature. Une belle nature. Une nature forte. Mais depuis toute petite, elle ne comprend pas pourquoi, elle les attire, les mauvais. Et cette fois-ci, l’homme qui devait l’aider avec des cours particuliers va devenir son pire bourreau. Elle vit l’enfer à Rome, loin des siens.
Sa vie sera une série d’aventures toutes plus dramatiques les unes que les autres. On ne rit plus du tout. On espère juste que ce n’est pas autobiographique. Elle se blesse en montant à cheval. Et en sera très fortement handicapée. Elle marche comme un flamand rose. Et alors, au final, c’est beau un flamand rose, non ?

A terre mais jamais par terre

Une fois le livre terminé, on se précipite sur Internet pour savoir si c’est autobiographique. Et là, on découvre, avec tristesse, une interview où Diane révèle qu’Enaid est son « double » !

Si Diane Ducret a voulu écrire ce livre, ce n’est pas pour parler de ses souffrances, mais c’est surtout pour nous montrer que malgré tout ce qu’elle a vécu, elle a trouvé la force d’avancer, de marcher, certes comme un flamant rose, mais elle reste debout et fait face à ce que la vie lui envoie en pleine figure. Elle nous dévoile son terrible secret, son combat de chaque jour. Pour nous insuffler à nous aussi la force d’avancer sur notre chemin, même si notre marche n’est plus trop sûre et semée d’embûches.

Notre coup de coeur

L’écriture de l’auteure est toujours aussi plaisante et ses multiples références philosophiques et culturelles au milieu de ce roman noir, apportent une touche humoristique, indispensable à notre survie comme à celle d’Enaid !

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose, un très beau récit, une très belle leçon de vie, une belle leçon d’amour aussi. Il paraît que toute sa vie on recherche sa mère à travers nos actes, il semblerait que ce soit vérifié pour Diane Ducret, notre « archéologue du cœur » préférée. Un vrai coup de cœur pour Publik’Art !

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La loi de Murphy n’est rien comparée à la loi d’Enaid : tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera plus mal encore qu’on aurait humainement pu le prévoir.
Après avoir été quittée à Gdansk par téléphone, Enaid se rend à l’évidence : les fées qui se sont penchées sur son berceau ont dû s’ emmêler les pinceaux. Comment expliquer, sinon, la sensation qu’elle a depuis l’enfance qu’il lui a toujours manqué quelqu’un ? Il y a de quoi se poser des questions quand les parents adoptifs sont en fait les grands-parents, que la mère est danseuse de nuit, que le père change de religion comme de famille, que les bunkers de l’ETA servent d’école buissonnière. Et que l’accident d’un instant devient la fracture de toute une vie…
On peut se laisser choir ou faire le saut de l’ange. Être boiteux ou devenir un flamant rose. Sur ses jambes fragiles, tenir en équilibre avec grâce par le pouvoir de l’esprit, un humour décapant et le courage de rester soi.

Date de parution : le 28 février 2018
Auteur : Diane Ducret
Editeur : Flammarion
Prix : 19, 90 € (271 pages)
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NOS NOTES ...
Originalité
Scénario
Qualité de l'écriture
Plaisir de lecture
En fonction depuis 2010, Bénédicte est notre directrice déléguée. Elle partage son expertise en de nombreux domaines. Elle dévore les livres comme d'autres dévorent le chocolat. Responsable des rubriques Littérature et Cinéma, elle gère aussi les opérations concours réalisées avec nos partenaires. Elle est notamment membre de l'Union des Journalistes de Cinéma (UJC).

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