L’association François Damiens et Vincent Lindon est aussi inattendue que la proposition de cinéma de Jan Kounen. Historiquement plus habitué à un cinéma pétaradant, le réalisateur s’est lancé depuis Coco Chanel et Igor Stravinsky dans des films plus intimistes où les rapports humains se font plus sincères. Ces deux cousins séparés par la vie et dont les retrouvailles virent à la farce douce amère très touchante forment un duo qui ne laisse pas indifférent.

Une comédie plus futée qu’il n’y parait

Vincent Lindon en patron à la tête d’une boîte d’alcools menacée de disparition aime faire le grand écart. Ce n’est plus le combattant social d’En guerre ou la victime consentante de La Loi du marché, preuve que l’acteur aime les challenges et sortir de sa zone de confort. François Damiens est un cousin lunaire que le patron a du mal à côtoyer parce que le temps passant, il ne supporte plus son côté rêveur et hypersensible. Sa maladresse le dispute à une sincérité qui tranche avec le cynisme du milieu professionnel et ce n’est que parce que Lindon a besoin de sa signature pour sauver sa boite qu’il passe du temps avec lui. Le duo si mal assorti en rappelle d’autres dans le cinéma français, Pierre Richard / Gérard Depardieu, Jean Reno / Christian Clavier ou Louis de Funès / Bourvil, mais la comparaison s’arrête là. Car le réalisateur garde sa touche si particulière, parfois déroutante mais toujours sincère. Le duo fait certes rire à l’occasion grâce à des plaisanteries souvent l’oeuvre de l’humoriste belge dont tout le monde se souvient pour son rôle inimitable dans Dikkenek, mais les scènes touchantes sont tout aussi nombreuses. Car le réalisateur fait réfléchir sur la futilité de la vie moderne et l’accumulation compulsive de richesses, faisant s’affronter deux visions de la vie, celle du patron qui passe à côté de son existence, riche mais malheureux, et le cousin lunaire, pas trop les pieds sur terre mais à la maxime de vie plus pertinente. L’absurde, le sérieux et les plaisanteries font bon ménage dans un film que Damiens sauve de l’insignifiance trop souvent liée aux comédies françaises en insérant cette métaphysique appelant à ouvrir les yeux et à profiter du moment présent. C’est futé et ça donne tout simplement toute sa sève au film. Plus d’effets de caméra un peu vains vus si souvent dans ses films précédents, 11 ans après son dernier film, Jan Kounen semble avoir trouvé un bel équilibre.

Mon cousin n’est pas qu’une comédie française, c’st aussi une vraie proposition de cinéma qui fait réfléchir avec une belle émotion à la clé. Et comme le rire est aussi au rendez-vous, il ne faut pas bouder son plaisir.
       

Synopsis: Pierre est le PDG accompli d’un grand groupe familial. Sur le point de signer l’affaire du siècle, il doit régler une dernière formalité : la signature de son cousin Adrien qui détient 50% de sa société. Ce doux rêveur idéaliste qui enchaine gaffes et maladresses est tellement heureux de retrouver Pierre, qu’il veut passer du temps avec lui et retarder la signature. Pierre n’a donc pas le choix que d’embarquer son cousin avec lui dans un voyage d’affaire plus que mouvementé où sa patience sera mise à rude épreuve.

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