Montrez-nous qu’on a tort, un ouvrage poétique de Géraldine Stringer sur la triste réalité de notre monde actuel aux éditions FRMK

Géraldine Stringer met en perspective les dessins pleins de vie et de poésie qu’elle met sur papier avec une histoire de résilience et de combat. Elle a beau se plonger dans la beauté des paysages en les immortalisant en couleur, elle est frappée par le destin de résistant d’Hubert, décidé à héberger des réfugiés plutôt que de les laisser démunis et désespérés dans les rues de sa ville. Cet acte de compassion et de partage est hors-la-loi selon les autorités, énième paradoxe d’une époque qui ferme ses portes plutôt que de voir la situation en face. Il le refuse et préfère laisser parler son cœur plutôt que d’accepter la contradiction. Les pages accumulent des grands dessins et des petits textes pour raconter une histoire simple mais compliquée. Hubert doit répondre de ses actes devant un tribunal, tel un criminel. L’auteur laisse parler les images pour montrer l’important et aller au-delà des inepties. Et retrouver une vraie humanité.

Synopsis: Tandis que Géraldine Stringer dessine les montagnes et le salon de bric et de broc qui les entoure, des hommes et des femmes lui parlent de leur histoire, de ce qu’ils ont traversé, de ce qu’ils échangent ou gardent pour eux, de la sérénité qu’ils retrouvent ici. Dans l’Arrière-pays niçois, traversée par des milliers de gens au péril de leur vie ; au Caravansérail, où Hubert refuse le drame qui se joue devant sa porte. Montrez-nous qu’on a tort prend pour perspective le regard d’une dessinatrice, aussi égarée que le lecteur face à l’ampleur et la gravité du sujet, et pour fil conducteur le discours d’Hubert, personnage bien réel qui fait acte d’hospitalité quand cet acte est devenu hors-la-loi, sûr de son fait et peu sûr de ses mots. Dessins et fragments de discours se font face, ne prétendant pas épuiser le sujet, dialoguent pour le cerner, laissent autant de silences que nécessaire pour que percent l’espoir et une compréhension nouvelle d’un drame humanitaire dont on ne dit pas le nom.

L’espoir, la légèreté, le réconfort – un potager, une fleur, un fauteuil – trouvent une place dans un récit traitant pourtant d’une réalité particulièrement sombre de l’époque contemporaine. En nous parlant d’un lieu où le repos est possible quelques jours, l’approche de Géraldine Stringer se veut avant tout sensible, intime. L’horreur, qui n’a plus droit de cité dans le monde où vit Hubert, laisse place à des moments de beauté profonds parce qu’éphémères. Des gestes quotidiens, des objets ordinaires apparaissent dans toute leur préciosité là où ils se sont faits rares, les évidences que disent ces hommes entre deux silences deviennent éloquentes pour avoir été si souvent mises en doute. La douceur nous prend par surprise, là où on ne l’attendait plus, lorsque des hommes retrouvent des plaisirs simples, quand Hubert parle de ce qui l’anime ou de tout autre chose.

Du procès qui attend Hubert, du sort de ceux qui goûtent un bref repos avant de repartir, il n’est rien dit ou presque. Le livre laisse autant de blancs qu’il y aurait de choses sombres à dire, autant de silences que nous avons de questions à reconsidérer. Il évoque une démarche dénuée d’héroïsme, montre la beauté d’une conscience humaine refusant le drame par des raisonnements simples.

Géraldine Stringer nous apprend que notre regard a du pouvoir, que nous-mêmes en avons plus que nous ne pensons, qu’observer le monde, en accepter la complexité et se refuser au désespoir sont aussi des actes requérant courage et honnêteté. Elle nous apprend que la beauté survit à tout, aussi forte qu’elle paraît rare.

Editeur: FRMK

Auteur: Géraldine Stringer

Nombre de pages / Prix: 92 pages / 20 euros

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