Une si longue absence depuis le dernier album de Bob Dylan, 3 ans exactement depuis l’album de reprises Triplicate paru en 2017, le dernier album original étant Tempest paru en… 2012. Le prix Nobel de Littérature 2012 n’a plus exactement la même voix qu’auparavant mais il garde la flamme, même à l’âge de 79 ans. Des paroles toujours aussi profondes, des narrations passionnantes et toujours cette même musicalité mystérieuse. C’est étonnant mais c’est encore un chef d’œuvre!

Un chanteur toujours au sommet

Rough and Rowdy Ways est un 39e album studio qui rassure sur la santé du barde troubadour des sixties. Bob Dylan a révélé sa nouvelle œuvre le vendredi 19 juin avec une balade de pas moins de 17 minutes intitulée Murder Most Foul revenant sur l’assassinat de JFK et une chanson très blues dédiée au chanteur Jimmy Reed. Le chanteur livre un vrai bain de jouvence en mélangeant les styles, 78 ans tout rond après ses débuts. Blues, rock et folk alternent sur des textes toujours aussi confondants de pertinence, portés par une voix fatiguée et rocailleuse n’empêchant ni l’humour noir ni la nostalgie. Murder Most Foul n’était qu’un avant gout des intentions toujours vivaces de celui qui n’a plus rien à expliquer ni à excuser, attendant patiemment son heure en composant des encore très bons morceaux. Le succès est encore au rendez-vous avec une place de numéro 1 au Billboard dès la sortie en mars de sa chanson. Bob Dylan n’hésite pas non plus à faire écho à l’actualité en évoquant dans la même chanson JFK et le massacre raciste de 1921 à Tulsa avec le massacre de 300 personnes noires. Miroir de l’Amérique actuelle? En tous cas, Bob Dylan ne se défile pas et prend ses responsabilité, lui qui a chanté en 1963 à Washington pendant la marche des libertés à laquelle Martin Luther King a lâché son fameux I have a dream. False Prophet est un pied de nez à sa propre légende, dont il se moque avec truculence. I ain’t no false prophet (Je ne suis pas un faux prophète) / I just said what I said (J’ai dit ce que j’ai dit) / I’m just here to bring vengeance on somebody’s head (Je suis juste ici pour venger quelqu’un), toujours autant de mystères dans ses paroles.

Retour en grâce ou apparition nécessaire au égard à l’actualité, Bob Dylan fait encore son petit effet, il n’est pas encore prêt à passer la main. Robert Allen Zimmerman tourne toujours autour du monde dans son officieux Never ending tour et a toujours quelques chose à dire. La preuve avec ce très bel album qui donne envie de de replonger dans sa discographie pléthorique!

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