Sortie du film Viendra le feu en DVD et VOD le 4 février

Le film d’Olivier Laxe a marqué le Festival de Cannes, remportant le prix du jury Un certain regard 2019 après deux premiers longs métrages déjà primés (Vous êtes des capitaines en 2010 et Mimosas en 2016). Viendra le feu marque le spectateur par un spectaculaire travail sonore et visuel pour une réflexion saisissante sur l’altérité. Il y a de la poésie dans ce cinéma de l’humain confronté à son destin et à la nature environnante.

Un cinéma vrai et viscéral

Le pitch n’y va pas par 4 chemins. Amador Coro a été condamné pour avoir provoqué un incendie. Lorsqu’il sort de prison, personne ne l’attend. Il retourne dans son village niché dans les montagnes de la Galice où vivent sa mère, Benedicta, et leurs trois vaches. Leurs vies s’écoulent, au rythme apaisé de la nature. Jusqu’au jour où un feu vient à dévaster la région. Le ton est à la dramaturgique et les flammes qui engloutissent la végétation asséchée ont un quelque chose de maléfique. Car elles sont rendues belles devant la caméra du réalisateur. Le personnage principal est un pyromane jugé coupable et stigmatisé par la société. Mais rien ne permet de trancher sur cette culpabilité, le spectateur peut être amené à le penser mais le personnage souffre visiblement et le comprendre permet de faire naitre un sentiment paradoxal de pardon. Le réalisateur lui-même semble fasciné par le feu, les images montrent surtout que le feu est dangereux, il a cherché à l’étudier et à le comprendre. Sa maison elle-même a été à moitié ravagée par un incendie, il sait donc de quoi il parle. Et les feux sont réels, le film ne comporte qu’un seul trucage quand on voit la maison d’un voisin est en flammes. Viendra le feu transmet un sentiment douloureux, celui de la douleur provoquée par les incendies, notamment dans une séquence difficile l’on voit un cheval brûlé et devenu aveugle. Les tournages de nuit rendent la beauté des incendies d’autant plus fascinante et scandaleuse. Au final, le film se contemple comme un tableau incandescent sans parvenir à détourner le regard. Le réalisateur évoque dans une interview Pasolini et sa phrase célèbre le cinéma, c’est du papier brûlant. C’est d’une pertinence totale.

Ce film à la fois minimaliste et excessif, comme un très bel exemple de l’altérité, comme une bataille sans fin entre l’homme et les éléments, nous demandant de sortir de nous-mêmes pour admirer le monde et abandonner l’egocentrisme de notre société. Sa sortie en DVD et en VOD le 4 février est une très bonne occasion de le découvrir pour un très beau moment de cinéma.

Note
Originalité
Scénario
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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