Suite à la dernière leçon, un livre de Noëlle Châtelet (Le Seuil)

Suite à la dernière leçon, un livre de Noëlle Châtelet

Suite à la dernière leçon, un livre de Noëlle Châtelet

Noëlle Châtelet a écrit en 2003 La dernière leçon. C’est un livre qui m’avait vraiment interloquée et que je n’ai jamais oublié. C’est donc avec beaucoup de curiosité et d’impatience que j’ai ouvert le dernier livre de Noëlle Châtelet : Suite à la dernière leçon. Quels étaient donc le nouveau message de cette auteure, ses pensées, ses cheminements ? Avant de lire ce livre, je suis allée voir le film adapté de son premier livre, de Pascale Pouzadoux, et qui porte le même titre, La dernière leçon, dont les rôles principaux sont interprétés par Sandrine Bonnaire dans le rôle de Noëlle et par Marthe Villalonga pour le rôle de la mère de Noëlle. Vous pourrez lire ma chronique sur Publik’Art.

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Dans Suite à la dernière leçon, on ne comprend pas du tout où veut nous emmener Noëlle Châtelet. Quel a été son objectif en écrivant ce livre ? En clair, quel est l’intérêt d’un tel livre ? En fait, l’auteure nous raconte en détails le déroulement du film de Pascale Pouzadoux. L’adaptation du livre est racontée par les menus détails. Mais cela ne nous passionne pas vraiment ! On comprend mieux pourquoi dans le film on parle d’une famille fictive car en fait, dans la famille Jospin, le frère n’a jamais eu de réactions violentes vis à vis de sa mère. Mais c’était évident que pour le film, il fallait avoir des opposants à la décision de la mère de mettre fin à ses jours. Sinon, le film perdait beaucoup de son intérêt. Mais ce fut un réel problème pour Noëlle Châtelet.

Mais nous, lecteurs, on finit par la connaître par cœur son histoire !

Dans Suite à la dernière leçon, Noëlle Châtelet nous confie souvent son désarroi devant l’adaptation que fait Pascale Pouzadoux de son livre. Mais elle nous dit combien les actrices principales sont remarquables. En fait, à travers ce film et ce second livre, Noëlle continue à faire revivre sa mère. Parler d’elle lui fait du bien et en quelque sorte la maintient en vie. On veut bien la croire ! Mais en même temps, Noëlle est assez contradictoire car elle dit souvent qu’elle a déjà fait son deuil, et depuis longtemps, avant même la mort de sa mère.

Mais nous, lecteurs, on finit par la connaître par cœur son histoire ! On comprend bien ses réactions lorsqu’elle lit le scénario du film mais cela ne nous passionne guère.

Une lecture , écrit-elle, avec des instants d’intense jubilation, mais aussi des mouvements de recul face à l’étrangeté du récit où sont contées des anecdotes si éloignées de ma propre histoire que je peine à m’y retrouver . p.41.

Mais que nous importent ses sentiments ? Il en est de même lorsqu’elle parle de Pierre, le frère de Diane, dans le film : Il est si peu crédible, à mes yeux, si peu semblable à la réalité de ma fratrie. p.44 Elle parle de trahison. Elle cherche en permanence sa place au milieu du film. Mais pourquoi donc aurait-elle une place ? C’est la place de Pascale Pouzadoux, la réalisatrice, pas la sienne.

Ensuite elle va, tout au long du livre, nous citer quelques exemples de personnes qui ont décidé volontairement de mettre fin à leurs jours : les époux Cazes, dans une chambre de l’hotel Lutetia, à Paris, p.60, le jeune Tom de 27 ans, malade, qui s’est pendu pour ne plus supporter ses traitements qui le faisaient trop souffrir, p 178, l’affaire Vincent Lambert, p.87… Mais nous les connaissons presque toutes, ces histoires. Elles sont, hélas, très tristes, mais n’apportent rien de nouveau à la situation juridique en France.

On peut comprendre que cette adaptation du film fut très éprouvante pour Noëlle et que pour y remédier, elle a, dès le début du tournage, eut l’idée d’écrire un livre pour raconter dans les moindres détails ses ressentis et rétablir sa vérité !

Une grosse déception pour nous car son histoire, on la connaît et ce dernier livre ne nous apporte rien quant au combat qu’avait eu sa mère sur le droit à mourir dans la dignité. Aucune nouvelle réflexion qui puisse nous faire avancer sur le chemin de l’acceptation de la mort choisie par les personnes en fin de vie. Dommage.

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Douze ans après, Noëlle Châtelet revit les étapes majeures de son expérience la plus intime et la plus fondamentale : la mort volontaire que s’est donnée sa mère. Car le combat de société qu’implique ce geste n’est pas terminé. Et l’adaptation de La Dernière Leçon au cinéma éclaire tout cela d’un jour nouveau. Suite au succès de La Dernière Leçon, Noëlle Châtelet s’est très fortement engagée pour la mort volontaire et l’assistance en fin de vie. Le livre qu’elle propose ici est une réflexion au fil des jours et des mois, jalonnée par l’actualité sur le sujet (l’affaire Vincent Lambert, et d’autres reportages au fil des jours) mais aussi et surtout par les différentes étapes de la préparation du film tiré de La Dernière Leçon : car transposer le livre à l’écran, c’est un peu refaire vivre sa mère, et c’est en même temps faire l’épreuve d’une forme de dépossession.


Date de parution
: le 1er octobre 2015
Auteur : Noëlle Châtelet
Editeur : Editions du Seuil
Prix : 17 € (224 pages)
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Noëlle Châtelet

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NOS NOTES ...
Originalité
Scénario
Qualité de l'écriture
Plaisir de lecture
En fonction depuis 2010, Bénédicte est notre directrice déléguée. Elle partage son expertise en de nombreux domaines. Elle dévore les livres comme d'autres dévorent le chocolat. Responsable des rubriques Littérature et Cinéma, elle gère aussi les opérations concours réalisées avec nos partenaires. Elle est notamment membre de l'Union des Journalistes de Cinéma (UJC).

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