Technoboss, un film poétique et musical de João Nicolau, sortie nationale le 27 mai

Le réalisateur de John From en 2015 est de retour avec un nouvel ovni cinématographique. Dans une ambiance proche de la comédie musicale, João Nicolau raconte le quotidien très lancinant d’un directeur de ventes plus près de la retraite que de ses vertes années. Technoboss situe son personnage dans une entreprise technologique où sans le savoir vraiment il perd pied. Les intermèdes où il chante pour reprendre de l’énergie et se sortir de situations compliquées rappelle le ton des films de Jacques Tati ou Wes Anderson pour figurer le destin des seniors dans un monde du travail en révolution permanente. Le personnage est attachant et l’intrigue très excentrique, de quoi plaire à ceux qui aiment le cinéma à tendance fleur bleue

Un film iconoclaste à l’ancienne

Le personnage de Luis Rovisco a travaillé toute sa vie, il devrait attendre avec impatience la quille pour se dorer la pilule au soleil. Ses résultats remarquables dans la vente de systèmes de sécurité et sa capacité à ne pas subir la pression des clients semblent montrer que des beaux jours l’attendent. Simplement il vit seul avec son chat et ses seules connaissances sont ses collègues. Sa vie est manifestement terne. Mais le personnage a une capacité hors du commun à recouvrer la joie à l’aide de chansons qu’il chantonne continuellement dès qu’il se retrouve seul dans sa voiture ou quelque part, comme pour s’élever au-dessus de la platitude du quotidien pour ressentir des sentiments un peu plus enthousiasmants. Loin de l’ennui de son existence et des évolutions individualistes d’un monde professionnel en pleine accélération technologique, il se raccroche à l’essentiel et ressent un peu d’exaltation. Technoboss est comme une bluette, sans beaucoup d’ampleur apparente mais pas sans profondeur. João Nicolau passe par un procédé poétique pour démontrer sans violence ni esclandre que le bonheur est là, tout près de chacun de nous. Le sort réservé aux seniors dans l’univers du monde professionnel n’est pas une fatalité et il est possible de s’accommoder des avanies à force de volonté et de persévérance. Le ton décalé du film fait passer un énorme sentiment de mélancolie et de fausse naïveté. Le comédien Miguel Lobo Antunes fait preuve d’un bel allant pour donner à son personnage une empathie certaine. Il chante, il sourit, il lutte contre la déprime et donne à son personnage un entrain communicatif. Le film prend parfois des atours de comédie musicale kitsch avec l’intervention de groupes musicaux variés, du hard rock à des mélodies plus doucereuses et légères. Alors évidemment, il faut rentrer dans le film et ne pas s’offusquer des procédés utilisés par le réalisateur, décalés et un peu datés. La fantaisie prend le pas sur le naturalisme, rappelant Wes Anderson plus que Inarritu.

Technoboss est un ovni original qui fait sourire dans les temps actuels. Le caractère fantasque du personnage principal n’empêche pas quelques longueurs et des répétitions qui, au bout de presque deux heures, font parfois durer un peu trop le plaisir.

Synopsis: La retraite arrive bientôt pour Luís Rovisco, un directeur des ventes excentrique au moral inébranlable. Les chansons qu’il invente tous les jours résolvent à chaque fois les obstacles qu’il rencontre dans sa vie tumultueuse. Mais devant Lucinda, la réceptionniste de l’hôtel Almadrava, il se retrouve à chanter sur un air bien différent…

NOS NOTES ...
Originalité
Réalisation
Jeu des acteurs
Plaisir du visionnage
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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