The Hate U Give, un roman coup de poing d’Angie Thomas (Nathan)

The Hate U Give, un roman coup de poing d’Angie Thomas (Nathan)

Rappeuse quand elle était adolescente, Angie Thomas a suivi des cours d’écriture créative et signe avec The Hate U Give son premier roman. Dès sa sortie, son roman se hisse à la première place du classement des best-sellers du New-York Times. Profondément touchée par le mouvement #BlackLivesMatter, elle a pour objectif de faire réfléchir, rire, pleurer à travers ses écrits. Pari réussi avec The Hate U Give.

Partagée entre deux univers

Starr est une adolescente de seize ans noire qui partage sa vie entre Garden Heights, un quartier « à problèmes » où la guerre des clans fait rage et son lycée « de Blancs », dans la banlieue chic. Dans le premier, elle se sent à sa place, entourée des membres de sa famille et de ses amis depuis toujours. Dans l’autre, Starr a l’impression d’être un extraterrestre mais voit aussi l’opportunité d’oublier la guerre de son quartier.
Quand Starr assiste, impuissante, à la mort de son meilleur ami, Khalil, tué par un policier, tout change. Sa vie entière est bouleversée. Ces deux univers vont entrer en collision, pour le pire.

Des préjugés à la peau dure

Immédiatement, les médias présentent Khalil comme un dealer et le policier qui l’a tué comme un héros, un homme qui a eu peur pour sa vie et a retiré un délinquant des rues. Sans se poser de questions, les prétendues amies de Starr à son lycée « chic » cataloguent Khalil comme le fautif, alors qu’elles ignorent qu’on lui a tiré trois balles dans le dos et que Starr était témoin.

Le lecteur peut alors se poser une question : si je n’avais pas eu la version des faits de Starr, si on m’avait seulement dit qu’un policier (blanc) avait tué un dealer noir, prétendument violent, est-ce que je serai aussi révolté ? Est-ce que j’aurais été envahi par ce sentiment d’injustice si je n’avais pas été témoin, à travers les yeux de Starr, de cette scène ? Les médias déshumanisent entièrement Khalil, vantent les mérites d’un policier courageux, sans chercher davantage. Angie Thomas lève le voile sur ce racisme « ordinaire » avec une facilité déconcertante.

Parler ou se taire

Peu après l’incident, on demande à Starr de parler. De raconter sa version des faits. La police le lui demande, les chefs des gangs la menacent et lui ordonnent de se taire. Les premiers veulent la discréditer pour éviter l’inculpation du policier, les seconds la menacent de représailles si elle venait à donner des noms à la police.
Alors qu’elle ne demande qu’à oublier cette histoire, Starr ne se voit pas l’âme d’une révolutionnaire. Elle est partagée entre la peur qu’on fasse du mal à sa famille et son besoin de rendre justice à Khalil.

Starr est un personnage profond, qui se lève pour dénoncer l’injustice mais qui fait preuve d’hésitation. Elle a peur, fait des erreurs et ne prétend pas tout savoir. Elle refuse qu’on la dise courageuse alors qu’elle se met en danger pour rendre hommage à Khalil. Starr est douloureusement humaine. Elle a un nom, des émotions qu’on ne ressent pas quand on lit l’annonce d’un « noir a été abattu par un policier ».

Une écriture sans égale pour un message d’espoir

The Hate U Give n’est pas seulement recommandé, il est nécessaire. Essentiel. Tout le monde devrait le lire, tout de monde doit le lire. L’histoire de Starr est peut-être fictive, mais elle n’est certainement pas irréelle. Elle est bien trop présente et Angie Thomas, par son écriture, nous dit qu’il est temps d’arrêter de détourner le regard quand ça arrive… encore. Quand quelqu’un est tué pour sa couleur de peau.

Angie Thomas transmet au lecteur un panel d’émotions, passant du rire aux larmes. Les mots de l’auteure nous mettent en colère, nous font nous sentir impuissants face à l’horreur qui se déroule devant nos yeux, en même temps que son personnage principal.

The Hate U Give n’est pas seulement une leçon de vie, c’est un récit qui prend aux tripes. Le combat de Starr n’est plus uniquement le sien, le roman d’Angie Thomas ouvre les yeux sur ces inégalités qui persistent, cette bataille qui commence seulement.

Date de parution : le 5 avril 2018
Auteur : Angie Thomas
Editeur : Nathan
Prix : 17,95€
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Note
Originalité
Scénario
Qualité de l'écriture
Plaisir de lecture
Elisa Houot
Elisa n'a que 18 ans mais écrit déjà depuis longtemps ! Pour le moment, elle se perfectionne en études de langues. Elle a déjà écrit des nouvelles et tient aussi un blog de lecture (https://hopebookine.wordpress.com/). Bref, ses passions : lire et écrire !

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