Un fascinant voyage musical avec Patrick et ses Fantômes au Casino de Paris

Patrick et ses Fantômes
Patrick et ses Fantômes, mise en scène de Normand Chouinard, Casino de Paris

Un fascinant voyage musical avec Patrick et ses Fantômes au Casino de Pari

Patrick Poivre d’Arvor se mue en Monsieur Loyal pour partager un truculent moment de partage musical en compagnie des plus grands compositeurs de tous les temps. Lorsque Papageno lui apparait à l’occasion d’un petit somme, celui-ci lui remet une flute à bec magique aux pouvoirs insoupçonnés. Apparaissent tour à tour des compositeurs issus de leurs époques respectives et tout étonnés de se retrouver à Montréal en 2018. Les joutes verbales entre l’ancien présentateur télé et ses illustres invités se font dans une truculence continuelle tandis que raisonnent les airs les plus connus de la musique universelle. Ce sont en effet pas moins de 24 musiciens dirigés par un Jean-Pascal Hamelin  de gala qui ravissent l’audience de leur art musical. Le spectacle est un vrai enchantement à découvrir au Casino de Paris jusqu’au 13 mai.

Une rencontre surprenante entre théâtre et musique 

Dès les premières minutes de la pièce, il est évident que Patrick et ses Fantômes est placé sous la double égide de la connivence et de la bonne humeur. Un soupçon de magie et un zest d’innocence ne cessent d’accompagner les personnages avec des rivalités sous jacentes tartuffesques mêlées d’admiration réciproque. Car comment départager Bach, Mozart ou Beethoven sans froisser les egos? Chacun a sa part de compositions dantesques, notamment Jésus que ma Joie demeure pour le premier, La Marche Turque pour le second et la 5e symphonie pour le troisième avec l’évidence que chacun a marqué son temps et imprimé sa marque dans l’esprit de ses successeurs. PPDA ménage les caractères enflammés en révélant le génie de chacun. Son art de la diplomatie fait merveille au milieu d’un Bach (Vincent Bilodeau) aussi sévère que le décrit sa légende, ses pointes d’ironie n’en ressortant que de manière plus drolatique. André Robitaille campe un Mozart à l’impétuosité juvénile en train de finaliser son introduction de Don Giovanni. Sylvain Masse interprète un Beethoven sombre et lunatique. Gilbert Lachance amène une touche de gaieté en Erik Satie détaché des contingences de ce monde.

 

De la musique avant toute chose

Tout l’intérêt de la pièce réside dans ces bisbilles et invectives qui opposent les illustres compositeurs. Quand Mozart défend La Traviata de Verdi contre Bach qui vante les mérites de La Chauve Souris de Johann Strauss Fils, la salle est subjuguée et finit par applaudir quand chacun des compositeurs demande à l’orchestre d’interpréter son morceau préféré et que les deux airs de croisent dans une joyeuse cacophonie. Ce genre de moments savoureux abonde dans une pièce placée sous le signe de la bonne humeur et de l’émerveillement musical. Lorsque retentit le célèbrissime air de la 5e de Beethoven, la salle se fige littéralement tant le morceau fait l’effet d’un coup de massue comme le ressent lui-même un Mozart sous le choc. Les discussions se croisent avec la musique divinement interprétée par l’orchestre placé sous la baguette de Jean-Pascal Hamelin. Erik Satie vient souligner l’originalité d’un XXe siècle placé sous le signe de l’aventure de et la disharmonie, intéressant au plus haut point les compositeurs classiques plutôt rétifs. Et la musique continue, encore et toujours pour ponctuer un spectacle qui remplit sa mission, ravir autant les oreilles que les zygomatiques.

Nul besoin d’aller à la Salle Pleyel, au Théâtre des Champs Elysées ou à la Philharmonie pour entendre de la grande musique, avec les rires en plus et une salve d’applaudissements finale qui souligne le succès de cette expérience à la fois musicale et théâtrale. Courez vite au Casino de Paris, avec l’assurance de faire de très beaux rêves par la suite!

Dates :  du 17 avril au 13 mai 2018, mardi au samedi à 20h30, Dimanche à 15h
Lieu : Casino de Paris (Paris)
Metteur en scène : Normand Chouinard
Avec : Patrick Poivre d’Arvor, Vincent Bilodeau en Bach, André Robitaille en Mozart, Sylvain Massé en Beethoven, Gilbert Lachance en Érik Satie

Note
Originalité
Mise en scène
Jeu des comédiens
Texte et Musique
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

1 commentaire

  1. Je l’ai vue à Montréal et j’avoue que c’est un CHEF-D’OEUVRE ! Tous les soirs , c’était salle comble ! Je suis convaincu que le public parisien va savourer ce moment de pur bonheur !

    Pierre-Michel Ménard
    Chanteur
    Montréal

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