Un fils débute tel une histoire familiale banale, heureuse et insouciante. Mais le drame ne tarde pas à surgir pour remettre en cause les certitudes et plonger les protagonistes dans les doutes les plus intenses. La famille tunisienne plutôt bien lotie et confortablement installée doit faire face aux turpitudes engendrées par l’extrémisme aveugle quand leur fils est la victime d’une balle perdue. Le temps du film est calé avec l’avènement de la révolution tunisienne en 2011, avec son lot de souffrances et de drames. Le film est une vraie plongée dans le chaos et se transforme rapidement en thriller épileptique pour un intense moment de cinéma, à découvrir en DVD le 8 septembre prochain.

Un film qui retourne le spectateur

La Tunisie est juste de l’autre côté de la Méditerranée et les antagonismes sont criants entre tenants de la tradition, modernistes et population prise en otage entre les deux. C’est avec le socle familial que les choses parviennent à rester en équilibre, au delà des traditions millénaires ou de la pensée scientifique cartésienne. Quand Farès (Sami Bouajila)et Meriem (intense Najla Ben Abdallah ) voient leur fils s’écrouler et rester entre la vie et la mort, leurs certitudes s’effondrent, jusqu’à remettre en cause, justement, le fragile équilibre familial. Car le secret caché de Meriem ne peut plus être gardé sous silence quand les médecins vont procéder à un test génétique sur leur fils blessé Aziz (Youssef Khemiri). Ce n’est plus à un seul drame auquel assistent les spectateurs, mais à 3 drames abordés en parallèle. Le fils meurtri, le couple en plein tourment et le pays tout proche de basculer dans la violence. La Lybie toute proche devient partie prenante de l’histoire et le spectre islamiste parait plus proche que jamais. La réalisation de Mehdi M. Barsaoui reprend l’efficacité de l’autre chef d’œuvre La belle et la meute dans lequel il officiait en tant que 1er assistant réalisateur, et également pour le documentaire Le challat de Tunis. Ce premier film est un thriller aussi efficace qu’émouvant avec deux acteurs principaux qui parviennent à communiquer la tension de leurs sentiments, entre fierté et amour filial inconditionnel. Le personnel médical est montré sous un jour extrêmement exigeant et compétent, en dépit de solutions difficiles à trouver dans un pays aux traditions si vivaces. Les lueurs d’espoir sont rares et interviennent souvent à la limite de la légalité. Le cœur serré des deux parents gagne encore en profondeur, de manière de plus en plus tendue, tandis que le compte à rebours des médecins tourne de plus en plus vite. La vie qui bascule, les manœuvres désespérées pour sauver la vie de leur fils, le film tient en haleine tout au long d’1h36 qui ne laissent pas une minute de répits.

C’est avec le souffle coupé que le spectateur suit Un Fils, jusqu’à une scène finale intense en émotion. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir ce film au cinéma, la sortie en DVD le 9 septembre est une bonne occasion pour plonger dans une histoire difficile à oublier.

Synopsis: Farès et Meriem forment avec Aziz, leur fils de 9 ans, une famille tunisienne moderne issue d’un milieu privilégié. Lors d’une virée dans le sud de la Tunisie, leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé.

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