Nombreux sont les habitués des théâtres parisiens à suivre le comédien et metteur en scène William Mesguich tout au long de ses nombreuses apparitions scéniques. Habitué à défendre plusieurs pièces en même temps, il ne cesse de montrer qu’il a le théâtre dans le sang et dans la peau. Le fils de l’illustre Daniel Mesguich met en scène et interprète Sylvain Tesson pendant une période d’ermitage déjà abordée en livre et dans un film. Le comédien subjugue par l’intensité de sa voix et son jeu tout en finesse, jusqu’à interroger notre rapport au réel, dans notre petit confort occidental parsemé de contraintes et de vicissitudes. Un immanquable de la saison théâtrale.

Un seul en scène vivifiant comme un bol d’air frais

Les spectateurs arrivent dans la grande salle du bas au Théâtre de Poche Montparnasse pour contempler des morceaux de bois figurant une petite cabane en bois nichée loin de tout au cœur de la taïga sibérienne. William Mesguich met en scène cet exil volontaire relaté dans l’ouvrage de Sylvain Tesson en 2011 et porté au cinéma par Raphaël Personnaz dans le film éponyme sorti en 2016. Cette histoire vraie met les pieds dans le plat. Un homme fort dans son corps et dans sa tête peut-il tenter la déconnection totale pendant de longs mois sans verser dangereusement vers la folie? L’aventurier et écrivain Sylvain Tesson fait l’expérience de se retrouver totalement seul, sans aucun contact, avec des ouvrages encore non lus comme seuls compagnons et des bouteilles de vodka pour s’évader. Le comédien fait revivre ce court passage existentiel à la portée quasi philosophique. Quand on se retrouve seul, on sait vraiment qui on est, c’est peut être la maxime essentielle d’une pièce fascinante, comme une remise en cause de notre mode de vie occidental sur rempli mais surtout rempli de vide. Les détails de son quotidien cohabitent avec des considérations sur l’absence croissante de silence dans notre civilisation, sur la dangereuse quête de l’inutile et sur l’importance vaine prise par la futilité. Comme si l’authenticité était une quête autrement plus réjouissante, à l’inverse total de ce que des médias schizophrènes ne cessent de montrer. Le personnage coupe du bois, va chercher de l’eau, se réchauffe près d’un poêle. Pas d’occupation inutile, le fil du temps se découpe entre tâches nécessaires, émerveillements inopinés et plongées intérieures, pour un compte rendu fascinant sur la quête de la vérité.

La pièce Dans les Forêts de Sibérie fait plonger dans une expérience humaine hors du commun. Le comédien William Mesguich en rend compte avec tout son art du théâtre pour une pièce à découvrir du mardi au vendredi à 19h jusqu’au 8 avril au Théâtre de Poche Montparnasse.

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