La chanteuse Mina Sang révèle un troisième single intitulé À ceux qui viendront après nous. Composé en 1939 par Bertolt Brecht, le poème s’adresse à ceux qui viendront après lui après les sombres temps d’une effroyable défaite. Mina Sang en fait un étendard implacable, un appel irrésistible, sur une musique électro-pop accompagnée de tambours chamaniques qui parlent autant au coeur qu’à l’esprit dans des frissons épidermiques.

Un morceau sans concessions

Le clip de A ceux qui viendront après nous montre des images très fortes de notre temps. Emeutes à Minneapolis et à Naples, images de la lutte contre la destruction de la forêt d’Hambach, de la Zad de NDDL, Pas res nos arresta le film de et par l’Amassada, Amassada et des Gilets jaunes sur les Champs Élysées. Pas de juste milieu mais une volonté affirmée de s’engager auprès de ceux qui ne veulent pas courber l’échine sous les coups de boutoir d’une politique qui ne fait pas suffisamment de cas des aspirations humaines au partage et à la bienveillance. Mina Sang apporte une musicalité fascinante aux mots du poète allemand, rapprochant le contexte sombre de 1939 à celui pas moins anxiogène de 2020. Les percussions des tambours concourent à la montée en puissance du morceau dans un tourbillon de tourments, mais aussi d’espoir. Le CV de Mina Sang permet d’en savoir plus sur une existence menée sans concessions. Tour à tour squatteuse, fermière, sculptrice, cartomancienne, accordéoniste, camionneuse, belge et limousine, elle a mené sa vie au gré de ses envies et de ses aspirations, sans vouloir jamais rentrer dans un moule aliénant. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle dit avoir toujours fait de la musique. Son EP de 5 titres Incorporée (Doux divorces Records) est sorti en 2017 pour faire entendre une électropop minimaliste portée par sa voix cristalline et ses mélodies entêtantes. 3 nouveaux singles paraissent avec Mystère magnifique (Schisme Records), Sabotage et donc À ceux qui viendront après nous avant un premier album prévu pour fin mai 2021.

Ces 3 chansons dessinent la constellation d’une époque écartelée entre nature, invisible et révolution. Mina Sang invoque un passé douloureux avec le poème de Brecht comme un avertissement à ne pas céder un pouce de terrain à l’inhumanité.

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