Under the silver lake, un film iconoclaste et réjouissant

Under the silver lake
Under the silver lake, film de David Robert Mitchell, Copyright A24

Under the silver lake, un film iconoclaste et réjouissant

Après le choc It Follows, David Robert Mitchell est de retour avec un grand film paranoïaque. Under the silver lake suit un cheminement apparement sans queue ni tête suivi par un Andrew Garfield résolu à retrouver une blondinette récemment rencontrée et aussitôt disparue. Les hommages aux grands réalisateurs abondent, Hitchcock en premier lieu, pour une plongée surprenante dans un Los Angeles jonché d’êtres désorientés, véritables zombies d’une ville sans repères. La pop culture est le fil conducteur d’une génération abreuvée aux références seventies et eighties tels des totems qui font se rencontrer des individus perdus. Ceux qui s’attendent à un film horrifiant ou à un thriller seront déçus tant ce Under the silver lake s’amuse à brouiller les pistes pour un résultat inattendu qui ne ressemble à rien de la production cinématographique actuelle. A prendre ou à laisser.

Un lac d’argent comme un miroir de notre société 

Le héros Sam végète dans une existence sans signification ni direction. Menacé d’expulsion pour cause de loyer impayé, il trouve dans la disparition de sa voisine Sarah l’occasion de donner du sens à une existence morne et terne. Il plonge alors dans une quête qui lui fera accumuler les surprises et les rencontres. Ceux qui ont vu le film The Swimmer avec Burt Lancaster se souviennent de ce plongeur qui enchaine les rencontres tandis qu’il désire nager dans toutes les piscines de son quartier. Sam est un jeune désoeuvré qui va trouver dans sa recherche l’occasion de déchiffrer des énigmes et cracker des codes. Des choses sans relief deviennent pour lui des casse-têtes susceptibles de lui ouvrir des portes une fois découverts. Le grand intérêt du film est aussi sa limite principale. Trouver un sens au film parait inutile, seul le voyage compte et toutes ces rencontres qui lui font frayer avec des individus à la limite de l’étrange. Un compositeur caché de musiques aussi célèbres que celles de Nirvana ou Iron Butterfly, un gourou qui souhaite profiter des plaisirs de la vie avant l’extinction prochaine de la race humaine ou des jeunes actrices qui se livrent à un hédonisme forcené semblent des pièces disparates dans un puzzle confus. Le seul lien entre eux semble être cette pop culture faite de cartoons, radio, music, TV, movies, magazines comme le dit la chanson de REM What’s the Frequency Kenneth citée dans le film. Under the silver lake a tout du labyrinthe tortueux pour un personnage qui trouve enfin un sens à sa vie dans les décombres d’une civilisation qu’il s’évertue à comprendre. Même si le film parait étrange tout du long, le spectateur pourra trouver son compte dans toutes ces chansons illustres citées dans le film jusqu’au final Strange Currencies de REM, les scènes calquées sur des films célèbres comme la scène de piscine rappelant le film final inachevé de Marilyn Monroe ou ces produits emblématiques d’une certaine génération. La quête de Sam verse souvent dans une kabbale mystérieuse dont il semble être le seul capable de comprendre les arcanes, ses rencontres font souvent penser à des songes éveillés, le film surfe sur un scénario irréel avec un héros déconnecté.

Under the silver lake a tout du trip psychédélique, du film à tiroirs et du délire d’un réalisateur qui s’amuse à brouiller les pistes. Difficile de rester de marbre devant un tel OVNI cinématographiques, certains s’en agaceront et d’autres s’adonneront à un lâcher prise réjouissant. A vous de choisir. La seconde option est évidemment plus intéressante car le film est long, mieux vaut donc s’y préparer avant le visionnage.

SYNOPSIS ET INFOS

Under the silver lake
Under the silver lake

À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Sortie : le 8 aout 2018
Durée : 2h19
Réalisateur : David Robert Mitchell
Avec : Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace
Genre : Thriller, Comédie

BANDE ANNONCE

Note
Originalité
Mise en scène
Réalisation
Jeu des acteurs
Stanislas Claude
Rédacteur ciné, théâtre, musique, BD, expos, parisien de vie, culturaddict de coeur. Fondateur et responsable du site Culturaddict, rédacteur sur le site lifestyle Gentleman moderne. Stanislas a le statut d'érudit sur Publik’Art.

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