Une belle rétrospective Alain Tanner qui débute le mercredi 30 Juin au cinéma avec 3 films restaurés en version 4K par les films du Camélia

Eloge de la fuite est une belle description du cinéma d’Alain Tanner, qui, avant d’être cinéaste, vécut une vie de marin dès le début des années 50. Il quitta la suisse à l’âge de 21 ans pour s’embarquer comme écrivain de bord sur des cargos en partance de Gênes. Il se servit de cette expérience pour se définir comme un cinéaste voyageur, avec une filmographie à redécouvrir grâce à 3 films restaurés en version 4K.

Un réalisateur assez confidentiel à découvrir

Les films d’Alain Tanner parlent souvent de départ, de fuite, de l’envie d’ailleurs et du désir de découvrir le monde. Il faut bien avoir vogué sur les mers du monde pour partager ce gout du large. Pendant que la Nouvelle Vague commençait de révolutionner le cinéma en se nourrissant de l’oeuvre d’illustres ainés comme Hawks ou Hitchcock, Alain Tanner découvrait le monde de ses yeux vus, se nourrissant d’expériences uniques, de celles qui changent une vision du monde. A bord des bateaux, il découvrit la poésie d’Aimé Césaire à la source et en profita pour lui rendre hommage dans son opus Le Retour d’Afrique en 1973 alors qu’il se nourrissait le l’oeuvre des réalisateurs néo-réalistes italiens comme Rossellini et De Sica. Le choc esthétique était là et cette rigueur du quotidien dénué d’artifices lui parlait, lui le voyageur du monde. L’oeuvre du marin devenu réalisateur compte 20 films qui s’étalonnent entre 2 films avec des prénoms et tant de fuites, de Charles mort ou vif en 1969 à Paul s’en va en 2003. Réalisateur confidentiel, Alain Tanner a suivi le sillon d’un cinéma très personnel. Son premier long-métrage a été présenté à la Semaine de la critique au festival de Cannes et a servi de fer de lance à ce qu’on a appelé le nouveau cinéma suisse. Le personnage du film, ce fameux Charles, tourne le dos à la vie moderne confortable et quitte son statut de patron pour partir à l’aventure dans une solitude peuplée de deux bohêmes qui partagent sa vie à la campagne. Dans le dernier film, Paul a déjà quitté sa vie normale quand débute le film. Les 2 films font voir une ligne de fuite qui parcourt toute sa filmographie avec des personnages qui s’isolent du carcan de la vie dite normale pour suivre leurs propres sillons, à l’écart, ce qui est bien représentatif de ce cinéma singulier. Il faut voir Dans la ville blanche avec le regretté Bruno Ganz pour comprendre à quel point la vie de marin a joué sur sa vision du monde.

La rétrospective qui débute le 30 juin présente 3 versions restaurées inédites qui permettent de mettre en avant un cinéaste oublié de la jeune génération de cinéphiles. Redécouvrir Dans la ville blanche, Le retour d’Afrique et Charles mort ou vif en version restaurée 4K et sélectionnés par les Films du Camélia permet d’admirer ce désir de fuite si cher au réalisateur ancien marin Alain Tanner.

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