Une excellente et désopilante BD Giscard, mon père et mois aux éditions la boite à bulles, sortie le 6 octobre

L’auteur François Bugel retrace le cours de sa vie familiale tragicomique en même tant que l’accession puis la chute de Valéry Giscard d’Estaing. Comme son nom l’indique, Giscard mon père et moi suit le destin politique d’un président de la république, d’un père de famille déboussolé et d’un fils marqué à jamais par le destin des deux cités précédemment. La BD se suit comme un cours d’histoire politique avec une foule de détails et un trajet personnel tourmenté par un géniteur pas tout à fait rationnel. Le récit est fouillé, percutant et donne surtout à réfléchir sur la santé mentale de nos dirigeants.

Une BD sur les illusions de la vie

Quand Giscard perd l’élection présidentielle de 1981, c’est apparemment tout un monde qui s’écroule autour de lui. Porté aux nues toute son enfance par sa mère, appelé aux plus hautes fonctions, il est passé à travers les difficultés gaulliennes puis pompidoliennes pour accéder aux plus hautes fonctions. Le personnage a suffisamment marqué le tout jeune François Bugel pour qu’il rattache ce destin à celui de son père, gérant de magasins de chaussure tombé dans un délire sectaire à tendance mystique. Le président et le père semblent partager le gout pour les marottes inutiles quitte à les couper de la réalité, entrainent des chutes irrémédiables. François passe 20 ans sans voir son père et Giscard a longtemps vécu en marge de l’échiquier politique depuis sa défaite rocambolesque contre François Mitterrand. Le BD retrace notamment le mandat présidentiel de 1974 à 1981, la volonté initiale de libérer la femme, de moderniser la nation et d’être proche des français, avant de tomber dans le ridicule, de subir les coups de boutoir de la 2e crise pétrolière et de succomber sour la crise des diamants. Certains faits historiques semblent tout simplement incroyables, tout autant que la vie insupportable de ce dessinateur alors tout jeune et obligé de supporter un père constamment dans la lune. Le dessin est entre la caricature touchante et le trait acide, les caractères sont trempés et les 192 pages se lisent d’une traite, avec l’envie immédiate de les relire. La BD fait penser aux films de Claude Sautet nichés au cœur de la France des années 70, avide d’espoir mais enfoncée sous la malle d’acier du principe de réalité.

Giscard, mon père et moi est une sorte de psychanalyse d’une époque de tous les possibles, avec ses grands drames et ses illusions dorées. Un excellent moment de lecture à découvrir aux éditions La Boîte à Bulles le 6 octobre.

Synopsis: En 1974, François a 10 ans lorsque Valéry Giscard d’Estaing remporte les élections d’un souffle. À la surprise générale, ce nouveau président élu par les voix de droite poursuit sa campagne – de petit déjeuner avec les éboueurs en dîner chez les Français – bien décidé à séduire désormais le peuple de gauche… Ce désir insatiable de reconnaissance et d’amour (qui conduira Giscard à sa perte), intrigue le jeune François. Il lui rappelle les errances de son père Serge. Éternel insatisfait, ce dernier entraîne sa famille d’est en ouest, au gré de ses frustrations professionnelles. Son manque de confiance chronique le rend perméable à l’influence du premier flatteur venu et à la moindre lubie susceptible d’outiller sa quête d’idéal : pendule, baguette de sourcier, puis communauté régie par un gourou sans scrupule apparaissent progressivement dans le quotidien de François. Tout comme Giscard, Serge ne recule devant aucune forme de ridicule. En 2009, François reçoit des nouvelles de son père, pour la seconde fois depuis 25 ans. De nouveau entre les mains d’un escroc, il s’apprête à tout perdre… Un témoignage poignant, et plein d’humour sur les frustrations affectives familiales qui frappent aussi bien les gens inconnus que les célébrités !

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: François Bugel, Ferenc

Nombre de pages / Prix: 192 pages / 24 euros

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