Une réouverture en fanfare au Théâtre des Champs Elysées avec la nouvelle production La Somnambule de Bellini du 15 au 26 juin 2021

Les habitués du Théâtre des Champs Elysées l’attendaient avec impatience, La Somnambule mise en scène par Rolando Villazon irradie de mille feux. Dans le respect strict des consignes sanitaires (pass sanitaire ou test PCR/antigénique, port du masque, distance qui va bien), la foule nombreuse a pu profiter d’un spectacle enchanteur le 22 juin au soir, avec le rédacteur Publik’Art présent pour profiter à plein du redémarrage de cette institution culturelle parisienne. Avec une devanture en travaux pour redonner son lustre légendaire à la façade très art déco du théâtre, le spectacle était au rendez-vous avec notamment un trio étincelant comprenant Pretty Yende en Amina, Francesco Demuro en Elvino et Alexander Tsymbalyuk en Rodolfo. Du pur plaisir.

Un spectacle bientôt légendaire

La Somnambula de Bellini n’avait pas été mise en scène depuis 1989 au Théâtre des Champs-Elysées. Il reste à ce jour 2 représentations au programme, les 24 et 26 juin, il faut se ruer dessus. Rolando Villazón est en charge de la mise en scène pour une nouvelle production qui représente une première pour lui à Paris, combien même le ténor ait déjà enchanté le public du théâtre à de déjà nombreuses reprises. La distribution est à la hauteur de l’évènement, fastueuse, avec la très grande Pretty Yende à la voix d’or dans le rôle d’AminaFrancesco Demuro à la voix chaude et profonde en Elvino et un Alexander Tsymbalyuk visiblement machiavélique en Rodolfo. Le toujours impeccable Orchestre de Chambre de Paris et le très musical Chœur de Radio France s’occupent de la musique avec talent, accompagnés par les enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, le tout dirigé par un spécialiste du répertoire italien, le chef Riccardo Frizza. Cette très belle page lyrique du romantisme italien est rendue aussi dramatique que trépidante avec cette héroïne somnambule qui accumule les déconvenues avec un prétendant jaloux comme un pou et une capacité innée à se mettre dans l’embarras. Créée quelques mois avant Norma, La Somnambula s’appuie sur des évènements mystérieux pour une aura de mysticisme qui a connu un beau succès à l’époque. Les états d’âme sont rendus complexes avec une héroïne ingénue qui provoque des soucis à cause de sa pathologie alors inconnue. Les airs de la soprano sont divins, en tout cas à la hauteur du livret et du talent de la très talentueuse Pretty Yende. Amina est mise en avant avec des grands arias amples et colorés, que les qualités de la chanteuse permettent d’exploiter à plein avec des aigus cristallins et lumineux, un souffle long et souple, ainsi qu’une grande agilité dans les vocalises. Après Giuditta Pasta, la Malibran, la Callas et Nathalie Dessay, elle s’inscrit sans peine dans une lignée de sopranos des plus prestigieuses.

Le Théâtre des Champs Elysées en met plein la vue et les oreilles avec un spectacle fascinant qui fait honneur à la réouverture de ce lieu central de la vie culturelle parisienne. Il ne faut pas hésiter, le spectacle n’est pas très long (2h40 en tout avec l’entracte), de quoi gouter à nouveau à la joie d’assister à un spectacle unique dans un lieu toujours somptueux.

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