Alice et autres merveilles : une féérie de Fabrice Melquiot

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Une adaptation belle et moderne

Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?“. De ce mythe littéraire de Lewis Carroll, Fabrice Melquiot a fait une nouvelle merveille. Dans cette adaptation d’Alice aux pays des Merveilles, d’autres personnages de la littérature et du conte s’invitent. Une très belle et moderne adaptation, une fantastique mise en scène et un jeu d’acteur fabuleux.

Dates :  Jusqu’au 9 janvier 2016
Lieu : Théâtre de la Ville (Paris)
Texte et Metteur en scène : Fabrice Melquiot et Emmanuel Demarcy-Mota
Avec : Suzanne Aubert, Jauris Casanova, Valérie Dashwood…

Adapter Alice au pays des merveilles au théâtre était un projet ambitieux. De ce conte repris à toutes les sauces par les plus grands, de Walt Disney à Tim Burton, Fabrice Melquiot a fait une oeuvre théâtrale. Pari réussi : Alice et autres merveilles transporte dans un monde moderne et fantastique, sans dénaturer le texte de Lewis Caroll.

Il y a, dans le Alice de Melquiot, ce grain de folie qui donne du cachet au conte de Lewis Caroll

Alice est en doudoune jaune, elle a des allures de gamine rêveuse et voit des lapins gambader dans la salle. Dans cette réécriture, elle va rencontrer un Chaperon Rouge qui n’en peut plus de mère-grand, une poupée Barbie fashion-victime, un Pinocchio qui se rêve en Cyrano de Bergerac ou un grand méchant Loup qui lui offrira une valse. Eux, ce sont les “autres merveilles” donc, issues de toutes les époques et de tous les styles, littéraires ou pas. Et leur présence ne dénature en rien l’authenticité du texte de Lewis Carroll, qui racontait les aventures d’une petite anglaise, Alice Liddel, dans un monde où les fous ont la parole. Il y a donc bien dans le Alice de Melquiot le grain de folie qui donne du cachet à ce conte. Dans son monde plein de fantaisie et aux multiples visages, Alice se confronte à des situations drôles et obscures à la fois, à des personnages inventés, fous, issus du pouvoir de l’imagination. Au pays des merveilles, et des autres merveilles, on apprend comment grandir et comment continuer à rêver. La Alice de Melquiot, comme celle de Caroll, se parle à elle-même et rencontre les célèbres créatures que sont le Lapin Blanc, la Reine de Coeur, le Dodo et le Chat de Cheshire. Elle se confronte, comme dans le conte, aux situations les plus saugrenues : boire le thé avec le chapelier fou, faire une partie de croquet avec des cartes à jouer et des flamants roses en guise de maillet, poursuivre un lapin blanc et un chat qui parlent.

La mise en scène (d’Emmanuel Demarcy-Mota) est ingénieuse et moderne : la chute d’Alice dans le terrier du lapin blanc est plus que réaliste, et l’intégralité du spectacle est joué sur un lit d’eau éclairé, en accord total avec la dimension fantastique et irréel du récit. Cette scène aquatique personnifie le miroir, le réel et l’irréel. Ajoutez à cela une touche de modernité : quelques chansons des Pink Floyds et de Tears for Fears et une Suzanne Aubert (Alice) époustouflante

Lorsque Lewis Caroll publiait Alice in wonderland, en 1865, il la dédiait à la famille de la petite Alice Liddel, à qui il racontait des histoires. Ce récit indémodable et aux multiples lectures a fasciné nombre d’auteurs, et c’est un bel hommage et une belle lecture qui lui est fait au Théâtre de la Ville.

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Note
Originalité
Mise en scène
Texte
Jeu des acteurs
Charlotte Henry
Théâtrophile, je prends un malin plaisir à dénicher de petites merveilles dans les salles parisiennes. J'aime aussi la politique et les chats, mais ça, c'est une autre histoire...

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