Derniers jours :“Art” de Yasmina Reza dans une version revisitée et percutante des collectifs tg STAN et Dood Paard.

“Art” de Yasmina Reza dans une version revisitée et réussie des collectifs tg STAN et Dood Paard.
“Art” texte de Yasmina Reza, spectacle de tg STAN & Dood Paard © Sanne Peper

“Art” de Yasmina Reza dans une version revisitée et percutante des collectifs tg STAN et Dood Paard

Les collectifs Tg STAN et Dood Paard revisitent “Art”, créé en 1994 par Yasmina Reza. Jubilatoire.

Pièce culte aux répliques assassines qui révéla au grand public son auteure, elle raconte l’histoire de trois amis, liés depuis plus de quinze ans, qui voit s’installer entre eux un conflit suite à l’achat par l’un deux d’un tableau monochrome blanc payé au prix fort.

Un art de la scène jubilatoire 

Comment Serge (Kuno Bakker) a t-il pu se faire duper ainsi ? Marc (Frank Vercruyssen) est ulcéré et le dit sans retenue à son ami tandis qu’Yvan (Gillis Biesheuvel) louvoie entre les deux en commettant quelques impaires qui vont laisser des traces.  Leur amitié survivra-t-elle à cet épisode ?

Le tableau, sujet de toutes les discussions et objet de la discorde, va alors alimenter de nombreux échanges autour de conceptions divergentes de l’art et de sa valeur marchande, ébranlant la cohésion du groupe, et révélant au grand jour des différends jusqu’alors inavoués.

“Art” devient ainsi le feuilleton d’une amitié qui explose dont le sujet de l’art est juste un prétexte à décortiquer les liens d’amitié qui unissaient les trois hommes. Où les rivalités, les rapports de force, les faux semblants, le désespoir entre ces trois personnages, la solitude, la manipulation, le pouvoir se font jour.

Yasmina Reza n’a pas son pareil pour se moquer du conditionnement social et de ses travers qui font la part belle à la vanité, l’égocentrisme et le snobisme, tout en imprimant à ses personnages une faiblesse foncièrement humaine. Avec son écriture proche du réel et en même temps très stylisée, la dramaturge convoque la bonne distance entre un regard lucide, cruel mais aussi surréaliste où son humour dévastateur fait le reste.

Le collectif tg STAN & la compagnie Dood Paard  adeptes de l’écriture “au plateau”, délestés de tout artifice, donne une force à la tragi-comédie où s’incarne au plus près le jeu de massacre entre les trois personnages.

A l’abri d’un jeu tout en finesse qui impressionne de naturel et d’intensité, il questionne sans relâche une vérité intime aussi complexe que vulnérable.

La mise en scène désopilante transforme le plateau scénique en une aire de jeu décomplexée et partagée, propice à une introspection sans filtre de ces rapports humains et leurs ressorts aussi vertigineux que sensibles. Bravo.

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Dates : du 2 au 30 juin 2017 l Lieu Théâtre de la Bastille (Paris)
Adaptation : Tg STAN & Dood Paard

Note
Originalité
Scénographie
Mise en scène
Jeu des acteurs
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

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