Gitanjali Rao multiplie les casquettes pour le film Bombay Rose en étant à la fois scénariste, monteuse, réalisatrice et productrice. Elle imagine un destin de femme au cœur de la ville de Bombay, tiraillée entre les tabous sociaux traditionnels toujours vivaces et ses aspirations de liberté. Des personnages divers apparaissent et se croisent pour bien figurer la complexité de la société indienne. Les couleurs chatoyantes des dessins et le rythme frénétique de l’intrigue imprègnent le film d’une belle énergie douce amère. Bombay Rose est à découvrir dès le 6 aout en VOD pour un dépaysement total.

Une très belle réussite

La réalisatrice Gitanjali Rao a percé avec un premier court-métrage Printed Rainbow au présenté au Festival de Cannes 2006 et sélectionnable à l’Oscar du Meilleur court-métrage 2008. Elève à l’école des beaux-arts de Bombay, Gitanjali Rao a la particularité de peindre plan par plan tous ses films d’animations. Les court-métrages Orange (2002), Printed Rainbow (2006), Girgit (2011), Chai (2013) et True Love Story (2014) ont précédé son premier long-métrage Bombay Rose sorti en 2019. La réalisation de ce film lui a pris pas moins de 6 années pour parfaire l’écriture du film, réaliser la peinture des plans, finaliser l’animation et peaufiner le montage. Dès 2013, elle a commencé à écrire le scénario en imaginant une historie très actuelle au cœur de la métropole colorée de Bombay. Pour coller à une ambiance très proche des films de Bollywood, Gitanjali Rao a fait appel à Swanand Kirkire pour l’écriture des chansons intégrées au film. Le personnage principal Kamala s’est enfuie de son village pour échapper à une union forcée qu’elle repoussait de tous ses vœux. Arrivée dans une gigantesque ville où les individualités se diluent dans le flot des passants, la jeune hindoue doit vendre des fleurs le jour et danser dans les bars la nuit dans le but de subsister tant bien que mal. Elle ne sait d’abord pas que Salim, jeune migrant débarqué du Cachemire, à des vues sur elle. Mais il est musulman et cette distinction va leur attirer des inimités mortelles. Au côté de cet amour impossible, Bombay Rose brosse un portrait chamarré d’une société indienne encore prisonnière de ses vieux démons. Les enfants sont exploités par des patrons sans scrupules, les fanatismes religieux compriment les âmes et les aspirations à la libération et les jeunes filles sont destinées à des mariages forcés non consentis. Ce sont les couleurs brulantes qui enthousiasment pour une belle plongée dans une société indienne mal connue ici.

La réalisatrice s’est livrée à un vrai travail artisanal pour finaliser un Bombay Rose réjouissant, autant destiné aux plus jeunes qu’aux adultes. Sans grand nom et avec des moyens riquiquis, Gitanjali Rao a réussi son pari malgré les difficultés pour obtenir des financements. La coproduction entre la France, l’Inde, le Qatar et le Royaume-Uni a permis de présenter Bombay Rose dans plusieurs festivals prestigieux, notamment à la Mostra de Venise et au Festival international du film de Toronto en 2019.

Synopsis: Kamala, vingt-et-un ans, est une migrante originaire du Madhya Pradesh vivant à Bombay. Elle habite une cabane au bord de la plage de Juhu avec son grand-père et sa jeune sœur. La journée, elle tresse des guirlandes de jasmin pour faire vivre sa famille. De l’autre côté de la rue, un autre vendeur de fleurs, Salim, dix-neuf ans, venu du Cachemire, ne la quitte pas des yeux. Il tombe amoureux d’elle et lui déclare sa flamme. Une véritable fable Bollywoodienne, mais Salim découvre que Kamala danse la nuit dans un bar pour survivre…

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