AFFICHE La cantatrice chauve_HD (1)Du Ionesco modernisé avec élégance 

“Deux couples, un pompier autour d’une intrigante bonne. Six personnages dans un univers intemporel où les phrases, les mots, les lettres et les situations s’entrechoquent dans un tourbillon coloré d’absurdité étrange, inquiétant et drôle à la fois.”
Dans cette version revisitée et modernisée du classique de Ionesco, le salon de M. et Mrs Smith accueille des personnages encore plus loufoques et déjantés. Elégance et curiosités sont de rigueur dans la Cantatrice Chauve vue par Alexis Rocamora.

“Tiens, il est neuf heures” chez M. et Mrs Smith, la pendule sonne dix-sept coups et n’est autre que la voix de la Bonne (Nell Darmouni) dont les “Coucou” retentissent. “Dès que j’ai lu la Cantatrice Chauve, pour moi l’horloge, c’était la Bonne” précise Alexis Rocamora, metteur en scène qui signe sa première mise en scène de pièce de théâtre. La bonne dans cette version modernisée de Ionesco, est le fil d’Ariane de l’histoire. Elle orchestre, d’un oeil inquiétant, toutes les absurdités des Smith et des Martin.

cantatricechauve

 Le minimalisme du décor met l’accent sur la curiosité des personnages

Dans “l’intérieur anglais” d’Alexis Rocamora, il n’y a pas de “fauteuil anglais” ou d’intérieur bourgeois, nous sommes dans un non-lieu. Nous sommes à Londres, et pourtant rien ne l’indique. “God save the Queen” chantera Mrs Smith au milieu de la pièce, rappelant au spectateur dans quel univers il doit s’imaginer. Le minimalisme du décor, loin d’être dérangeant, met l’accent sur la curiosité des personnages : M. et Mrs Smith, M. et Mme Martin, ainsi que le pompier, ont de curieuses allures à mi-chemin entre les chanteurs des Kiss et les Voca People. Avec leur maquillage de noir et de blanc et leurs costumes presque gothiques, ils ont des airs de marionnettes effrayantes. “C’est ce rôle de manipulatrice que j’ai voulu représenter” précise Alexis Rocamora, une manipulatrice qui joue avec ses personnages comme avec des pantins de bois. Intrigante, inquiétante, directive et sensuelle, la bonne, seul personnage vêtu de couleurs d’un costume de couleurs, joue avec les protagonistes déjantés de ce salon anglais. C’est elle qui rythme la pièce et fait avancer l’histoire à sa guise.

Un double message réside dans ce nouveau regard sur la Cantatrice Chauve : au-delà du message transmis par le texte original de Ionesco, Alexis Rocamora offre à cette pièce une dimension extrêmement actuelle. “J’aime la dimension sociétale de cette pièce, qui se fait le miroir de l’omniprésence de la manipulation” rajoute-t-il. Politique ou médiatique, la manipulation est un thème d’actualité, qui fait écho à notre quotidien.

Une belle interprétation théâtrale qui rappelle que, 66 ans après sa première représentation au Théâtre des Noctambules le 16 mai 1950 (mise en scène à l’époque par Nicolas Bataille), la Cantatrice Chauve n’a pas pris une ride.

Dates :  du 16 mars au 8 mai 2016
Lieu Lucernaire (Paris)
Mise en scène : Alexis ROCAMORA
Avec :
 Laura MARIN, Alexis ROCAMORA, Taos SONZOGNI, Jean-Nicolas GAITTE, Nell DARMOUNI et Guillaume BENOIT

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