Catherine Frot et Vincent Dedienne : l’alliance parfaite

Catherine Frot et Vincent Dedienne : l’alliance parfaite
Catherine Frot et Vincent Dedienne dans La Carpe et Le Lapin. Photo Christophe Raynaud de Lage

Catherine Frot et Vincent Dedienne : l’alliance parfaite

La Carpe et le Lapin. La Reine et le Fou. Tel est le postulat posé par cette union paradoxale ou comment la rencontre de deux personnes qui n’ont rien à faire ensemble peut révéler une vérité commune. L’un, l’autre, donc, à l’abri d’une aisance de jeu à toute épreuve, se jouent de leurs différences, lesquelles impriment avec humour et singularité, un imaginaire tour à tour surréaliste, mélancolique, nostalgique ou engagé, pour une condition d’artiste libre et unique. Réjouissant !

La figure de Catherine Frot est une actrice populaire, respectée, tutélaire. Elle est à la fois très concrète et très évaporée, avec un côté terrien et lunaire, c’est un de ses paradoxes. Quant à Vincent Dedienne, c’est l’amuseur public, le bouffon par excellence. De cette rencontre improbable, naît ce spectacle inattendu et enlevé qui convoque sur scène des chansons anciennes, des chorégraphies, des extraits de livres, des poèmes, des écrivains, propices à un univers qui leur est propre et à un ton décalé, que les deux artistes défendent et composent à l’envi.

Un duo magique

Çà commence par un “non-prologue” plein d’esprit et de finesse présenté par un Vincent Dedienne, flamboyant, pour se poursuivre par des instantanés interprétés ou chantés (Catherine Frot royale), comme autant de petites pastilles qui les caractérisent et les opposent assorties d’oxymores, le tout relié ou pas par des histoires absurdes ou des considérations plus existentielles sur un fameux tapis roulant, riches d’enseignements paradoxaux sur notre époque mais pas que.

Des bons mots de Beckett, en passant par ceux de Duras, un extrait du “Dîner de cons” ou encore le refrain Bobo Léon de Boby Lapointe, un sketch de Pierre Palmade, un poème de Léopold Sédar Senghor, sans oublier les pas dansés selon Pina Bausch qui valent leur pesant d’or tout comme l’interprétation très habitée du tube de Nicole Croisille, ”Téléphone-moi” ! cet objet théâtral est une pépite autant qu’une prise de risque, au pari réussi.

Mention spéciale également au très beau décor d’Alexandre de Dardel sous les lumières tamisées de Kelig Le Bars qui nous plonge dans un cabinet de curiosité où tout s’anime grâce au charme et à l’audace d’un duo magique. Bravo !

Dates : du 14 février au 31 mai 2020 – Lieu : Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris)
Metteurs en scène : Catherine Frot, Vincent Dedienne, Julie-Anne Roth

 

Note
Originalité
Scénographie
Jeu des acteurs
Mise en scène
Amaury Jacquet
Si le droit mène à tout à condition d'en sortir, la quête du graal pour ce juriste de formation - membre de l'association professionnelle de la critique de théâtre de musique et de danse - passe naturellement par le théâtre mais pas que où d'un regard éclectique, le rédac chef rend compte de l'actualité culturelle.

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