Cigarettes et chocolat chaud, une comédie familiale et tendrement excentrique

Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Copyright 2015 Mandarin Cinema / Alexis COTTIN

Cigarettes et chocolat chaud, une comédie familiale et tendrement excentrique

Sophie reine a déjà reçu un César en 2009 mais du sien on se souvient rarement car les monteurs, même récompensés, sont des travailleurs de l’ombre pour le grand public. Sa statuette saluait la qualité de son montage pour le film Le premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon.

Cigarettes et chocolat chaud est son premier long-métrage en tant que réalisatrice ; elle le dédie à son père et à sa mère, un clin d’œil certainement au thème du film : la famille. Cette comédie tendrement désobéissante sort en salle le 14 décembre.

Denis Patar (Gustave Kervern), veuf, est père de deux filles, Janis, 13ans, et Mercredi, 9 ans, qu’il élève comme il peut. Cumulant un boulot de jour et un autre de nuit ainsi qu’un manque chronique d’argent l’incitant à resquiller, l’éducation des enfants est un combat permanent. Denis est un père aimant pourtant mais il n’a ni l’autorité, ni les codes ni le temps de bien faire. Et un jour, c’est l’impair de trop, il se retrouve avec une enquêtrice sociale (Camille Cottin) sur le dos. Celle-ci dresse un constat sans appel : les conditions de vie de Janis et Mercredi ne sont pas propices à leur épanouissement. Denis est condamné à un « stage de parentalité » pour enfin devenir un « bon père » s’il ne veut pas perdre la garde de ses enfants…

Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Copyright 2015 Mandarin Cinema / Alexis COTTIN

Les Patar : une famille pas comme les autres

Cigarettes et chocolat chaud est un moment de tendresse. Denis, Janis et Mercredi s’aiment, maladroitement mais inconditionnellement. Porté par cet amour tous azimuts et une belle énergie de vivre des protagonistes, le film est lumineux. Lumineux également par son débordement de couleurs et d’excentricités. La maison des Patar est comme une joyeuse foire où se côtoient pêle-mêle un élevage de lucioles, un cirque éphémère et des pâtes en forme de pénis. C’est sale et désordonné mais réjouissant de vie. D’ailleurs, à l’intérieur du cocon familial, les cris et les accrochages sont courants, de vrais sauvages !

Faire connaissance de la famille Patar, c’est déménager dans un monde un peu plus beau et un peu plus intense le temps d’un film. En fait, Sophie Reine a habilement marié l’authenticité et le spectacle pour nous projeter dans un ailleurs plus tout à fait réel. Un ailleurs où saccager impunément des caisses automatiques pour reprendre leur boulot est possible ! On peut même travailler dans un sex-shop la nuit sous couvert d’être vétérinaire au noir auprès de ses filles. Et comme tout bon faux vétérinaire, on fait des couleurs à ses hamsters ! C’est un monde idéalisé qui montre la vie telle qu’elle pourrait être et non telle qu’elle est. Avec plus de gaité, plus de tendresse et plus de blessures aussi.

Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine
Copyright 2015 Mandarin Cinema / Alexis COTTIN

Un éloge de la différence plutôt que de la performance

Cigarettes et chocolat chaud est un divertissement sympathique mais il défend aussi une opinion. Le film est là comme pour dire qu’il y en a marre des recettes toutes faites pour une enfance épanouie, que marcher droit parfois eh bien, c’est chiant ! Même s’il y a, bien sûr, quelques compromis à faire avec les principes éducatifs incarnés par une enquêtrice sociale académique et carrée. Alors, si la famille Patar est aussi exubérante et borderline, c’est sans aucun doute pour contraster avec les enfants modèles d’aujourd’hui. Tellement parfaits qu’ils ne mangeront jamais de frites un dimanche matin au le petit-déjeuner. Et c’est dommage nous souffle le film.

Pour interpréter ces personnages touchants, Sophie Reine a misé sur le bon casting. Il y a d’abord Gustave Kervern (Denis Patar) qui campe très bien le père maladroit/ éternel grand enfant. Camille Cottin, quant à elle, a choisi la sobriété en jouant une enquêtrice sociale austère, un bon mouvement pour se détacher de son rôle de « connasse » qui commençait à lui coller à la peau. Et les deux charmants petits monstres Patar, Janis et Mercredi, sont des tourbillons d’énergie.

Et si on ne faisait pas comme tout le monde ? Cigarettes et chocolat chaud est un éloge de la différence plutôt que de la performance. Un joli rêve plein de pitreries et de douceurs, de maladresse et d’amour et toujours d’humour.

 

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Cigarettes et chocolat de Sophie ReineDenis Patar est un père aimant mais débordé qui se débat seul avec l’éducation de ses filles, Janis 13 ans et Mercredi 9 ans, deux boulots et une bonne dose de système D. Un soir Denis oublie, une fois de trop, Mercredi à la sortie de l’école. Une enquêtrice sociale passe alors le quotidien de la famille Patar à la loupe et oblige Denis à un « stage de parentalité ». Désormais les Patar vont devoir rentrer dans le rang…

Sortie : le 14 décembre 2016
Durée : 1h38
Réalisateur : Sophie Reine
Avec : Gustave Kervern, Camille Cottin, Héloïse Dugas
Genre : Comédie

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Note
Originalité
Scénario
Réalisation
Jeu des acteurs
Olivia Bugault
Fraîchement débarquée sur Publik'art en cette année 2016, Olivia goûte bien trop la littérature, le cinéma et le théâtre ... bref la culture ! pour ne pas s'en mêler par la plume. Ainsi elle vous livre ses analyses sans oublier au passage de saluer bien bas chaque artiste que la critique soit bonne ou mauvaise.

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