Comme il pleut sur la ville, l’autobiographie de Karl Ove Knausgaard (Denoël)

Comme il pleut sur la ville, l’autobiographie de Karl Ove Knausgaard (Denoël)

Publik’Art suit de très près l’œuvre de Karl Ove Knausgaard. Après Mon combat, livre III, Aux Confins du monde, livre IV, nous découvrons toujours avec autant de plaisir le livre V de Karl Ove, Comme il pleut sur la ville, qui est en fait la sixième et la septième partie de son livre Mon combat.

Style inimitable

Le charme de cet auteur réside dans le fait qu’il parle vrai. Il se livre totalement, en toute simplicité et en toute intimité. Aucun sujet tabou chez Karl Ove. Rien de sensationnel dans le scénario mais tout retient notre attention.
On le retrouve à Bergen. Il a dix-neuf ans. Il entre à l’Académie de l’écriture. Il a décidé de devenir écrivain. Il est le plus jeune de l’Académie. Il se sent très petit et nul… par rapport aux autres. On lui reproche souvent son manque de maturité.

Premiers émois amoureux

La sixième partie est consacrée à son année à Bergen dans sa très prestigieuse Académie d’écriture. Dans cette ville, il retrouve son frère, Yngve, également étudiant dans cette ville. Et surtout il est obsédé par son amour pour Ingvild. Elle est très timide, fragile, mais il l’aime à la folie. Il en parle à tout le monde. Ils se sont écrit tout l’été et enfin, ils vont pouvoir se voir à Bergen où elle fait également des études. Mais hélas, il n’aura pas eu les bons gestes à son égard et le regrettera amèrement. Toute cette partie est centrée sur cette relation, ses ressentis et également les relations avec son frère. On suit son évolution au sein de l’école. Il est en train de se transformer et de travailler dur, son style, sa façon d’écrire, un approfondissement qui se fait non sans douleur. Il se fait souvent remarquer par ses professeurs qui lui demande régulièrement son avis. Il découvre l’alcool jusqu’à être complètement ivre des heures durant, la drogue aussi et toujours la musique. Quant aux filles et aux copains, il n’est pas au top ! Maladroit et pressé…

Il se sent nul

La septième partie se passe trois ans après l’Académie d’écriture. Il est objecteur de conscience. Mais comme souvent, il a honte de ses propres réactions, de ce qu’il pense au fond de lui-même sans oser l’avouer. Comment se peut-il qu’il soit si nul, si médiocre ?
Il pense qu’il a deux facettes : le Karl Ove sobre et le Karl Ove saoul, capable du pire. Il est très amoureux de Gunvor. Il la suit en Islande où ils vont habiter quelques temps. Gunvor est gentille, bienveillante, amoureuse. Lui aussi est amoureux d’elle mais parfois, quand il a bu, il n’est plus aussi amoureux ! Il la trompe et s’en repentit durant des jours et des jours. Quand il boit, il ne peut pas s’arrêter de boire. Il continue à écrire mais il n’est pas du tout satisfait de ce qu’il fait. Il met des jours à écrire une page.
Invité à diner avant un de ses concerts (il joue de la batterie dans un groupé créé par son frère), son nom sur le carton est très révélateur de sa personnalité : « Vingt ans à l’extérieur, mille ans à l’intérieur » p.555

Son obsession : écrire

Le style de Karl Ove Knausgaard est toujours aussi empli de naturel. Aucune barrière. Il se montre sous son vrai jour, un peu comme s’il écrivait pour lui-même. Il se dévoile, avec ses excès, ses forces et ses faiblesses. Karl Ove de vingt ans à vingt-huit ans nous fascine. Hyper sensible, hyper intelligent, découvrant l’amour, les femmes, ses désirs et ses envies. Ses infidélités, ses culpabilités. Ses angoisses. Son désir d’écrire à tout prix. Devenir écrivain est son seul but. Même s’il lui parait impossible ! On partage tout avec lui et son écriture nous fascine.
On le lit toujours avec beaucoup de plaisir, et les 850 pages filent à toute vitesse ! On attend déjà avec impatience le prochain tome ! Notre vrai coup de coeur !

Date de parution : le 3 janvier 2019
Auteur : Karl Ove Knausgaard
Editeur : Denoël

Prix : 26,90 € (848 pages)
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Note
Originalité
Scénario
Qualité de l'écriture
Plaisir de lecture
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En fonction depuis 2010, Bénédicte est notre directrice déléguée. Elle partage son expertise en de nombreux domaines. Elle dévore les livres comme d'autres dévorent le chocolat. Responsable des rubriques Littérature et Cinéma, elle gère aussi les opérations concours réalisées avec nos partenaires. Elle est notamment membre de l'Union des Journalistes de Cinéma (UJC).

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