El Reino, l’implacable thriller politique espagnol multi primé sort en vidéo.

Envers du décor, carte redistribuée, échanges vifs et acérés : bienvenue dans le quotidien de Manuel.

Quand le cinéma vous permet de rencontrer un réalisateur de la trempe de Rodrigo Sorogoyen, vous ne pouvez que vous dire que la vie est un éternel recommencement, et pour le meilleur. Déjà autour de l’impressionnant polar poisseux et vénéneux Que dios nos pardone pour sa première œuvre seul à la barre, l’Espagnol remet ça de manière encore plus fulgurante ici. Toujours accompagné par l’acteur qui monte fort dans la péninsule ibérique, Antonio de la Torre, il nous plonge ici dans les méandres de la politique politicienne propre à tout l’ancien monde. Le comédien, qui sait décidément tout joué, interprète ici le rôle de Manuel Lopez-Vidal, plus si jeune coq que ça dans la basse-cour d’un parti politique gangréné au possible par les jeux de pouvoirs et le côté obscur et sale de celui-ci. Son heure semble bientôt venu d’accéder à la place où les beaux costumes brillent enfin sous les spotlights des caméras. Mais c’est sans compter sur l’émergence d’une boule puante, comme il en existe des centaines, destinée à faire tomber le bonhomme. Comment s’en sortir ? De qui vient l’affaire, dans un milieu où tout le monde se tient par les cojones ? Manuel mène l’enquête tambour battant à l’heure où son chrono défile de plus en plus vite.

El Reino dresse avec brio un portrait peu flatteur de nos élites.

La prouesse de Sorogoyen n’est pas moins de nous décrypter de manière très acérée et pessimiste les arcanes du pouvoir, mais tout autant, si ce n’est plus, la façon spectaculaire dont il a de nous attraper dans son engrenage dès les premières secondes jusqu’au dénouement final absolument savoureux. Dialogues étayés et parfaitement ciselés portés par des jeux d’acteurs investis, plans séquences à la maitrise formelle inouïe ou encore cette entêtante symphonie électronique déployée par Olivier Arson qui apporte un contraste bienvenu à cet univers très costard-cravate. El Reino mène sa barque tambour battant en choisissant de coller aux basques d’Antonio de la Torre sans le lâcher d’une seconde. Un choix déterminant qui asphyxie littéralement le spectateur qui ne sait jamais ce qui se trame dans le dos de Manuel et qui tire les cordons de ce jeu de marionnettes dantesque. Le film a été multi-primé aux Goyas, l’équivalent des César chez nous. L’uppercut final achèvera de vous convaincre le pourquoi du comment Sorogoyen comptera énormément dans les années à venir.

El Reino est sorti en DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 21 août. La politique et ses jeux d’influences a rarement été aussi bien mis en valeurs que dans ce puissant thriller. Les bonus vous permettront de mieux découvrir l’envers du décor de cet œuvre.

Manuel López-Vidal est un homme politique influent dans sa région. Alors qu’il doit entrer à la direction nationale de son parti, il se retrouve impliqué dans une affaire de corruption qui menace un de ses amis les plus proches. Pris au piège, il plonge dans un engrenage infernal…

Sortie DVD : le 21 août 2019
Durée : 2h11
Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
Avec : Antonio de la Torre, Monica Lopez, Luis Zahera, Nacho Fresneda, Ana Waneger
Genre : Thriller politique
Prix : 19,99 € (DVD/Blu-Ray)
Acheter : sur Fnac

Note
Originalité
Réalisation
Scénario
Jeu des acteurs
Jean-Marie Siousarram
Manipulateur de mots pour la presse web depuis quelques années. Cinéphage compulsif, féru de culture en tout genre, de voyages, de musique électronique, de foot. Rejeton de Chaplin, Hitchcock et Fincher.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here