Enfers et fantômes d’Asie au musée du Quai Branly

Âmes sensibles, s’abstenir ! Le musée du Quai Branly vous invite à parcourir une exposition étonnante et terrifiante sur les esprits et croyances asiatiques. Créatures fantastiques, films d’horreur ou histoires de fantômes croisent le chemin des visiteurs curieux. Dans un parcours parfaitement scénarisé, cette exposition retrace l’histoire de croyances venues de Chine, de Thaïlande et du Japon. Des croyances qui ont inspiré l’univers de la littérature, du manga, du cinéma et même du jeu vidéo. 

Purgatoire.

Namahage – Démon de la montagne connu pour venir, en Chine, effrayer les enfants paresseux – Photo : Charlotte Henry

Les représentations de l’enfer, des démons et des esprits sont innombrables en Asie. Ces créatures de l’au-delà ont inspiré bon nombre de metteurs en scène et de réalisateurs dans le monde entier. L’exposition Enfers et Fantômes d’Asie met en parallèle des représentations très anciennes (comme des estampes japonaises du 17e siècle) et ultra-modernes (de films d’horreur à des jeux de Playstation 3) démons et autres légendes urbaines. Elle s’ouvre sur l’explication de la vision des enfers dans la tradition chinoise. L’enfer n’est qu’un passage, un purgatoire dans lequel les défunts expient leurs fautes par le biais de supplices interminables. En Thaïlande, ce thème a d’ailleurs une telle importance que des sculptures de démons affamés peuplent certains jardins appelés “jardins des enfers”.

 

Une porte de l’enfer créée par le studio QFX. Photo : Charlotte Henry

Expérience immersive.
Plongeon dans la J-Horror, un genre cinématographique des années 1990-2000 et profondément inspirés des histoires de fantômes asiatiques. Qui ne connait pas le film The Ring ? Cette exposition offre l’occasion de vivre… son pire cauchemar : se retrouver seul dans une salle entouré de la petite fille démoniaque de ce film d’horreur culte. Comme dans un manoir hanté, le spectateur déambule au milieu de décors de cinéma réalisés par le studio de cinéma QFX (Bangkok). Au risque de se perdre dans une salle avec une créature démoniaque en 3D. Une gigantesque porte des Enfers de 3m70, des mannequins plus vrais que nature ou encore un hologramme de femme-chat (l’équivalent japonais du loup-garou !), toutes les innovations sont permises pour créer une expérience immersive. Avis aux amateurs de jeux vidéos, vous pourrez même partir à la chasse aux fantômes en jouant à Pac Man dans l’espace arcade. La preuve que les histoires de fantômes inspirent toutes les générations.

La femme-chat est ce que le folklore japonais possède de plus proche des vampires et des loups-garous occidentaux. On l’appelle “bakeneko” ou chat-démon.
Photo : Charlotte Henry

En définitive, c’est une exposition ludique, plutôt terrifiante par moments (on ne conseillera qu’aux téméraires d’entrer dans la section “Thai Horror Picture Show” !) et surtout extrêmement dense. Peut-être même un peu trop, au risque de perdre l’attention du visiteur distrait par les décors de cinéma et les artifices scéniques.

Charlotte Henry
Théâtrophile, je prends un malin plaisir à dénicher de petites merveilles dans les salles parisiennes. J'aime aussi la politique et les chats, mais ça, c'est une autre histoire...

2 COMMENTAIRES

  1. Ne pensez vous pas que parfois la réalité cachée se cristallise dans des oeuvres largement médiatisées.
    L’horreur qui transpire de certains tableaux n’est elle pas la résultante logique dun traitement “particulier” accordé à des êtres sensibles dont la conscience est totalement occultée. Je fais référence aux animaux librement dépecés, mutilés, ébouillantés vivants… pour l’alimentation de quelques contrées dont les habitants croient s’approprier les vertus de l’animal en le torturant atrocement ??
    Que cette exposition réveille les consciences et fasse réagir tous ceux qui refusent de croire cette vérité ( festival de Yulin en Chine, les jours du chien en Corée Boknal, …)

  2. Pour approfondir la question des fantômes en Asie, les Presses de l’Inalco, l’éditeur des Langues et Civilisations orientales, a publié un ouvrage de Vincent Durand-Dastès (PU à l’Inalco) et Marie Laureillard (MCF à Lyon 2): “Fantômes dans l’Extrême-Orient d’hier et d’aujourd’hui”. Il s’agit d’une analyse de la question des fantômes en Asie à travers plusieurs époques et plusieurs médias (littérature, cinéma, théâtre…). Il est disponible en Openaccess sur Openeditions Books ou en format broché. En deux tomes http://books.openedition.org/pressesinalco/1274?lang=fr
    Contact : [email protected]

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