Five, le retour du film de potes avec Pierre Niney

Five
Five : Photo François Civil, Idrissa Hanrot, Igor Gotesman, Margot Bancilhon, Pierre Niney © Studio Canal

Five, le retour du film de potes avec Pierre Niney

Five, soit cinq pour les doigts de la main qui se referment et s’unissent pour vous assener un joli uppercut dans les zygomatiques. Soit l’effet recherché, et plus qu’atteint par la bande à Pierre Niney dans ce premier long réalisé par Igor Gotesman. « Un vrai film de pote, comme une famille. Notre génération a été biberonné à ça avec les séries Friends, How I met your mother, ou Le péril jeune de Klapisch », s’exclame de manière fort enthousiaste Gotesman, lors de la dernière conférence de presse qu’accueillait le déjà regretté Jardins des Sens des frères Pourcel à MONTPELLIER.

Pour réussir celui-ci, le duo ne part pas de rien. En 2011, Gotesman a déjà ébauché ses persos dans un court métrage assez réussi. Mais c’est surtout avec le programme court Casting(s) que Niney et Gotesman vont peaufiner leur style, leur écriture et surtout leur humour. D’ailleurs ce premier long peu paraitre par moment comme un gigantesque patchwork de scènes délirantes s’enchevêtrant les unes aux autres. Effet vite dissipé quand on voit la qualité d’écriture globale dont est affublé le film.

Il n’y a d’ailleurs pas que l’écriture qui bénéficie d’un soin tout particulier malgré le fait que nous soyons dans un premier film. La photo est également particulièrement soignée. Les tous premiers plans magnifiques des îles de Thaïlande qui accompagnent la ravissante Margot Bancilhon donneront le la à la qualité graphique du reste. On retiendra le plan séquence hyper inventif de la vue subjective du chien traversant l’appartement de la bande. Immersif et simplement génial. Tout part d’ailleurs de cette colocation tant désirée par la bande de cinq, et offerte sur un plateau par Samuel, alias Pierre Niney, alias le seul fils de.

[U]n vrai film de pote puissant et décomplexé.

Mais, à force de jouer au faux-semblant avec papa en professant faire des études de médecine alors qu’il s’épanouie sur les planches de théâtre, Samuel finit par n’être fils de personne. Vivres coupés, le jeune homme se retrouve face à ses responsabilités, et surtout l’effondrement imminent de leurs rêves à tous : l’appart. Mais qui a dit que la jeunesse des beaux quartiers n’avait pas de ressources et d’idées ? Avec un peu d’huile de coude, de chance et surtout pas mal de marijuana, la bande se retrouve vite fait au centre d’une série d’embrouilles qui mettra à mal vos abdominaux.

A la qualité d’écriture, de photo et de bande son, on rajoutera le jeu des acteurs et leur comique de situation tout à fait communicatif. Pierre Niney, dont on avait déjà perçu le potentiel humoristique dans Comme des frères, récidive avec une gestuelle et des mimiques dont lui seul a le secret. Il confirme rôle après rôle qu’il sait tout jouer, et qu’on devra compter sur lui pour les décennies à venir. A ses côtés, la grande révélation du film, François Civil, parfait dans le rôle de Timothée, alias Tim, « un vrai procrastinateur » (dixit Civil himself), croisement grandement réussi entre un Orelsan dans Bloqués, et un lucky looser sorti de chez Apatow ou les frères Coen. Les autres rôles ont tous aussi leur moment de gloire. On retiendra entre autres le licenciement de Julia, alias Margot Bancilhon, où celle-ci rentre dans une colère qui ferait passer l’Etna en fusion pour un vulgaire feu d’artifice de quartier. Jubilatoire. Comme la grande majorité des dialogues mi urbains, mi théâtraux, comme pour toujours garder le pied du bon côté de la barrière dans tout ce délire brassant plusieurs thèmes politiquement incorrects. C’est aussi, la force de ce film qui ne se perd pas dans une quête de rédemption bien pensante tirant vers un happy end béat.

Vous l’aurez compris, la bande à Niney pour son premier film, pose les jalons d’une comédie à la française complètement décomplexée, tirant vers ses ainés américains, en absorbant nos références contemporaines, pour mieux nous les distiller sous formes de vannes bien senties. Le tout en omettant pas d’y mettre une qualité technique certaine au service d’un divertissement intergénérationnel. En somme, un vrai film de potes puissant et décomplexé. On en redemande.

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FiveCinq amis d’enfance rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d’assumer sa part en se mettant à vendre de l’herbe. Mais n’est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu’il lui reste : ses amis !

Sortie : le 30 mars 2016
Durée : 1h42
Réalisateur : Igor Gotesman
Avec : Pierre Niney, François Civil, Igor Gotesman
Genre : Comédie

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Note
Originalité
Scénario
Réalisation
Jeu des acteurs
Jean-Marie Siousarram
Manipulateur de mots pour la presse web depuis quelques années. Cinéphage compulsif, féru de culture en tout genre, de voyages, de musique électronique, de foot. Rejeton de Chaplin, Hitchcock et Fincher.

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